Projet de thèse de doctorat : rédaction et exemples

Vous voulez faire une thèse de doctorat ? Le projet de thèse est envoyé aux professeurs intéressés par votre thème de recherche, pour leur demander de devenir votre directeur ou directrice de thèse. Ce document peut aussi servir dans vos demandes de financement.

Bon plan
Scribbr s’occupe de la relecture et correction de votre thèse et aussi de votre projet de thèse ! Nous corrigeons les fautes et le style.

Qu’est-ce qu’un projet de thèse de doctorat ?

Un projet de thèse est un document qui permet de se faire une idée de l’intérêt et de l’originalité d’un sujet de thèse, ainsi que de la capacité du candidat à mener à bien l’étude de son sujet.

Le contenu demandé peut varier selon les écoles doctorales.

Quelle taille pour votre projet de thèse ?
Un projet de thèse (ou de recherche) fait de 5 à 10 pages dactylographiées en Times New Roman 12, interligne simple.

Introduction du projet de thèse : les objectifs de la recherche et de la thèse ?

Dans votre projet de thèse, vous devez montrer que vous avez des objectifs pertinents et que votre thèse de doctorat va essayer de les accomplir.

Le candidat doit montrer qu’il est :

  • apte à poursuivre des travaux de recherche de manière autonome ;
  • prêt à apporter une contribution originale à la connaissance ou au domaine en question.

Sa thèse doit montrer :

  • que le futur doctorant maîtrise la méthodologie de recherche relative à son domaine ;
  • que le doctorant a développé une connaissance approfondie de la documentation sur le sujet choisi ;
  • qu’il a une réelle capacité de rendre compte par écrit de la recherche ;
  • que le doctorant est apte à « défendre » oralement son travail lors de la soutenance de thèse.

Combien de fautes dans votre document ?

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Faites corriger votre document

Les différents points à mentionner dans votre projet de thèse

1. L’objet, le contexte et les enjeux de la recherche

  • Définissez précisément l’objet étudié.
  • Le cadre géographique et chronologique du sujet.
  • Expliquez le contexte pratique.
  • Expliquez le contexte théorique.
  • Montrez les enjeux sociaux, économiques, politiques et cognitifs de l’objet.
  • Cas particulier de la recherche-action : parlez de l’objectif à réaliser, la logique suivie et les démarches envisagées.

2. La problématique

  • Explicitez au mieux la problématique de départ (même si elle peut changer par la suite).
  • Indiquez les questions de recherche.
  • Mettez en avant les hypothèses.
  • Faites une présentation de quelques axes du sujet.

3. La méthodologie

  • Expliquez quelle(s) méthodologie(s) utiliser et pourquoi ?
  • Enquête de terrain ?
  • Méthodologie expérimentale ?
  • Analysez de corpus ?
  • Mettez en avant les méthodes d’analyse de données qui vont être utilisées.
  • Expliquez les options épistémologiques choisies.

4. Les objectifs

  • Objectifs et résultats attendus.
  • Hypothèses.

5. Compétences requises par le projet et compétences du candidat

  • Montrez que vous avez les compétences scientifiques pour mener à bien votre projet.
  • Mettez en avant vos compétences actuelles.

6. Quelles contributions attendues ?

  • Apports sur le plan théorique ?
  • Apports sur le plan pratique ?

7. Quel calendrier échéancier ? Quel financement ?

8. Pourquoi ce directeur de thèse ? En quoi ce travail s’insère-t-il dans les axes du laboratoire ? [Facultatif]

  • Expliquez pourquoi vous avez choisi cette personne pour être votre directeur de thèse.
  • Pourquoi ce laboratoire ?

9. Donner une bibliographie succincte

  • Intégrez des revues internationales de langue anglaise.
  • Respectez les normes de présentation en vigueur dans la discipline (souvent normes APA, sans oublier de mentionner les DOI).

10. Faire corriger et relire le document

  • Attention aux fautes de grammaire et d’orthographe.
  • Avoir un style académique impeccable.

Astuce !
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Exemple de projet de thèse

Ayant débuté mon doctorat en juin 2019 à l’université de Paris III, c’est dans une logique de continuité de mon expérience en Master 2 sur les innovations sociales dans des contextes différents, que j’ai choisi de poursuivre et approfondir mes connaissances, sous la direction de M. DUPONT. Après avoir consolidé mes assises théoriques – notamment par des séminaires en théorie des organisations et en innovation sociale –, je me prépare présentement pour l’examen de synthèse. Sur le plan pratique, j’ai eu l’occasion de participer à des colloques internationaux, comme la rencontre annuelle de l’Academy of Management, et de travailler sur le projet de recherche « Design et gestion au service de l’entrepreneuriat autochtone : la création, production et commercialisation d’objets semi-artisanaux », financé par le CRSH. Il s’agit d’un partenariat entre Paris III, l’École de design (ÉD) de l’Université de Montréal et le Centre de Luxembourg. Ma présente proposition de recherche s’inscrit dans la continuité de ce projet.

Proposition de recherche

CONTEXTE

Les Premières Nations du Canada ont subi de considérables changements dans leur mode de vie au cours du dernier siècle, comme la relocalisation géographique, la création des réserves, des pensionnats et la sédentarisation. Ces ruptures radicales ont occasionné une dépendance aux transferts d’aide et d’argent gouvernementaux et une profonde crise identitaire dans les communautés (Poirier, 2010, 2014). En conséquence, on y voit également des taux élevés de marginalisation, toxicomanie, décrochage, criminalité et suicide, avec un impact considérable sur la jeunesse (Kirmayer et al, 2009). La littérature démontre qu’une grande partie des projets de développement occidentaux ne sont pas adaptés à la réalité et aux valeurs des communautés « marginalisées », car on considère ces dernières comme des « bénéficiaires » (Eade, 2007; Freire, 2005; Manzini, 2014; Nelson et Stolterman, 2012).

Regarder les membres d’une communauté autochtone comme étant des « patients » méritant des soins
équivaut à ne pas les reconnaître comme des « agents » de transformation sociale (Sen, 1999). Il devient alors important de comprendre les aspirations des jeunes autochtones pour ensuite adopter des approches innovantes stimulant le potentiel créatif de la jeunesse des Premières Nations du Canada.

QUESTIONS ET PROBLÉMATIQUE

L’importance de comprendre les aspirations des jeunes autochtones pour construire un avenir prospère est le défi qui oriente notre démarche. Plus spécifiquement, ce projet répond à la question suivante, présentée par le CRSH : « Comment peut-on marier les aspirations de la population croissante des jeunes autochtones avec leur capacité de contribuer à un savoir en évolution et de répondre aux besoins du marché du travail ? » À cet égard, nous proposons qu’en redonnant la voix et la capacité de créer à la jeunesse autochtone, ces citoyens deviendront alors capables d’aspirer à un meilleur avenir commun et à un futur prospère pour leur communauté.

OBJECTIFS

Cette recherche vise à mettre en place un programme d’innovation sociale qui propose de nouvelles solutions à la problématique d’exclusion de la jeunesse autochtone. Susciter le potentiel créatif et entrepreneurial de la jeunesse des Premières Nations du Canada est l’objectif ultime de ce projet qui s’appuie sur deux prémisses. La première est celle qui rejette l’idée qu’une population « défavorisée » soit considérée comme un « objet de charité » (Escobar, 2010). La deuxième prémisse revendique de donner la voix et la capacité de créer à ceux qui, historiquement, ont été réduits au silence par des discours dominants (Spivak, 1988). Ce projet cherche donc à analyser une méthodologie de transformation sociale mise au point par une organisation brésilienne, Agencia de Redes (AdR), qui lutte contre ce problème d’exclusion en suscitant chez les jeunes des favélas du Brésil le désir de créer des projets entrepreneuriaux. Le présent projet vise à adapter et à transférer cette méthodologie de transformation sociale vers le contexte de la nation XXXX, au Québec. Malgré les différences culturelles, les conditions pour sortir de l’exclusion sociale sont assez similaires, autant pour un jeune brésilien de la favéla que pour un jeune autochtone.

APPROCHE EXPÉRIMENTALE

L’organisation AdR est internationalement reconnue comme une innovation sociale efficace pour diminuer le problème d’exclusion chez les jeunes. Depuis 2013, la méthodologie d’AdR se développe également à Londres et à Manchester, pour lutter contre la marginalisation des jeunes issus des deuxième et troisième générations d’immigrants. Puisque les innovations sociales sont positives pour la société dans son ensemble, il est naturel d’espérer que certaines initiatives réussies puissent être partagées à travers le globe. Néanmoins, le processus de transfert et d’adaptation des innovations sociales vers un autre contexte est débattu à plusieurs reprises dans la littérature, étant considéré comme un énorme défi en raison des contextes sociaux, culturels, institutionnels et locaux spécifiques (Oudenhoven et Wazir, 1998; Klein et al, 2009; Mulgan, 2006). Comprendre les facteurs de réussite de ce transfert de connaissances entre le Brésil et l’Angleterre devient alors une étape importante pour l’atteinte de l’objectif principal de cette recherche. C’est en précisant quelles seront les adaptations locales nécessaires aux pratiques de la méthodologie que nous serons en mesure de tester ce projet pilote avec la communauté de jeunes. Et ultimement, de faire rayonner ce projet auprès d’autres communautés autochtones du Canada.

MÉTHODOLOGIE

Deux perspectives de recherche sont employées. La première repose sur un cas instrumental (Stake, 1998), celui d’AdR. En adoptant la stratégie narrative et la théorisation enracinée (Langley, 1999), le cas aidera à répondre à la question de recherche et à faire évoluer un cadre conceptuel d’adaptation et de transfert des innovations sociales entre deux contextes.

La deuxième perspective est celle de la recherche-action (Kemmis & McTaggart, 2008), qui découle de la possibilité d’adapter la formation d’AdR au Québec, en collaboration avec des acteurs de la communauté. Je travaille actuellement sur un projet de développement entrepreneurial (financé par le CRSH) avec la communauté, où l’intérêt pour une adaptation de cette formation a été exprimé par la Direction de la maison des jeunes. En concertation avec les intervenants brésiliens, nous songeons donc à créer des tables de discussion, des ateliers et des entretiens semi-structurés avec les parties prenantes impliquées dans le projet.

CONTRIBUTIONS

Cette recherche apportera trois contributions principales. D’abord, la mise en place d’un projet pilote d’innovation sociale « pour, par et avec » la communauté, visant la proposition de nouvelles solutions pour un avenir meilleur. Les impacts sociaux qui en découleront seront nombreux, car l’objectif de travailler avec les jeunes est de les inciter à trouver des solutions innovantes à leurs propres problèmes. Comme deuxième contribution, la proposition d’un cadre analytique de transfert des connaissances et des pratiques en innovation sociale. Ce cadre sera un outil essentiel pour des chercheurs et des praticiens voulant adapter et transférer des programmes d’innovation sociale à des contextes autochtone ou allochtone. Et finalement, cette recherche contribuera au développement des recommandations stratégiques permettant la structuration d’un programme d’inclusion sociale plus global, transférable à d’autres communautés des Premières Nations du Canada.

CALENDRIER

Au moment où arrivera cette bourse, mon processus de recherche sera déjà entrepris. Voici un aperçu de mes étapes à accomplir.

Période Action
Hiver 2017 Entretiens semi-dirigés avec la communauté
Été 2017 Entretiens semi-dirigés au Brésil (accompagné par une collaboratrice Mme JOURE)
Automne 2017 Entretiens semi-dirigés à Manchester et Londres (Angleterre)
Hiver 2018 Analyse qualitative des résultats – stage doctoral à la Fondation Pierre
Été 2018 Entretiens semi-dirigés et préparation du matériel pour l’implantation du projet
Automne 2018 Implantation du projet pour, par et avec la communauté
Hiver 2019 Analyse qualitative des résultats
Été 2019 Rédaction finale de la thèse
Automne 2019 Soutenance

BIBLIOGRAPHIE

Eade, D. (2007). Capacity building: who builds whose capacity? Development in Practice, 17(4-5), 630-639.

Escobar, A. (2010). Latin America at a crossroads: alternative modernizations, postliberalism or postdevelopment? Cultural Studies, 24 (1), 1–65.

Freire, P (2005). Pedagogia do oprimido. Rio de Janeiro: Paz e Terra.

Kemmis, S., & McTaggart, R. (2008). Participatory Action Research: Communicative Action and the Public Sphere. In N. K. Denzin & Y. S. Lincoln (Eds.), Strategies of Qualitative Inquiry. Third edition. (pp. 271-330). Thousand Oaks: Sage.

Kirmayer, Laurence J., Megha Sehdev, and Colette Isaac. « Community resilience: Models, metaphors and measures. » International Journal of Indigenous Health 5.1 (2009): 62.

Klein, J. L. et al. (2009). L’innovation sociale au Québec: un système d’innovation fondé sur la concertation. Cahiers du Centre de recherché sur les innovations sociales (CRISES), Collection Études théoriques.

Langley, A. (1999). Strategies for theorizing from process data. Academy of Management Review, 24(4), 1999, (691-710).

Manzini, E. (2014). Making things happens : Social innovation and design, Design Issues, 3(1) 57-66. Mulgan, G. 2006. The Process of Social Innovation, Innovations, Spring: 145-162.

Nelson, H. G., & Stolterman, E. (2012). The design way: Intentional change in an unpredictable world (Second ed.). Cambridge, London: The MIT Press.

Poirier, S. (2004). The XXXX: Reflections on Their Changing World. In R. B. Morrison & C. R.

Poirier, S. (2010). Change, Resistance, Accommodation and Engagement in Indigenous Contexts: A Comparative (Canada–Australia) Perspective. Anthropological Forum, 20(1), 41-60. Sen, A. (1999). Development as Freedom. Oxford University Press, New York, 351 pages.

Spivak, G.C. (1988). Can the Subaltern Speak? In Nelson, C. and Grossberg, L. (eds) Marxism and the Interpretation of Culture. University of Illinois Press.

Stake, R.E. (1998). Case Studies. In: Strategies of Qualitative Inquiry by Denzin, N.K. and Lincoln, Y.S. (Eds.). Sage Publications, California. Pages 445-454.

Van Oudenhoven, N. & Wazir, R. (1998) “Replicating Social Programmes – Approaches, Strategies and Conceptual Issues”. Management of Social Transformation MOST – UNESCO Discussion Series N. 18 – http://www.unesco.org/most/dsp18.htm Walton (Eds.), Culture and public action (pp. 59-84). Palo Alto : Stanford University Press.

RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES

Alvesson, M., & Käremann, D. (2000). Varieties of discourse: On the study of organizations through discourse analysis. Human Relations, 53 (9), 1125-1149.

Appadurai, A. (2004). The capacity to aspire: Culture and the terms of recognition. Dans V. Rao & M. Walton (Eds.), Culture and public action (pp. 59-84). Palo Alto : Stanford University Press.

Awashish, K. (2005). Ninan (nous). Wapikoni, Opitciwan (12’55”). Trouvé sur <http://www.wapikoni.ca/films/ninan-nous >

Boje, D. M. (2011). Storytelling and the future of organizations : an antenarrative book. Edited by David Boje. Routledge, 413 pages.

Charmaz, K. (2006). Coding in grounded theory practice. Constructing Grounded Theory, Thousand Oaks: Sage Publications, 2006: 42-71.

Czarniawska, B. (1997). Narrating the Organization : Dramas of Institutional Identity. Chicago: University of Chicago Press, 1997.

Dagnino, R. (1976). Tecnologia apropriada: uma alternativa? Dissertação (mestrado) – UnB, Departamento de Economia, Brasília.

(+ 53 références)

Source : https://www.hec.ca/etudiants/financer-mes-etudes/bourses/documents/Exemples_projets_de_recherche_PHD.pdf 

Voir aussi :
Un calendrier indicatif pour la rédaction d’une thèse.
Les options de financement d’un doctorat.

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Justine Debret

Justine est responsable du marché français. Elle était étudiante il y a peu et est là pour s'assurer que vous ayez tout le soutien nécessaire à votre réussite académique.