VAE : qu’est-ce que la validation des acquis de l’expérience ?

Tous les professionnels peuvent s’intéresser à la validation des acquis de l’expérience (VAE).

Que ce soit pour les professionnels du secteur médical, des métiers sociaux, ou d’autres professions, la formation VAE permet d’obtenir un diplôme sans reprise d’études, à n’importe quel moment de leur carrière.

Des conditions pour pouvoir se lancer dans une VAE jusqu’aux types et niveaux des diplômes, l’article présente les informations essentielles à connaitre sur la VAE.

Scribbr peut corriger et relire votre dossier VAE si vous le souhaitez ! Rendez-un document impeccable avec notre aide.

Définition de la VAE

Inscrite dans le code du travail et le code de l’éducation, la Validation des Acquis de l’Expérience (VAE) est un droit individuel accessible à toute personne active.

La formation VAE permet aux professionnels d’obtenir un diplôme équivalant à leur expérience professionnelle.

Pour ce faire, la VAE permet d’analyser les compétences acquises par la personne dans l’objectif de délivrer :

  • un diplôme ;
  • un titre professionnel ;
  • un certificat de qualification.
« Toute personne engagée dans la vie active est en droit de faire valider les acquis de son expérience, notamment professionnelle, en vue de l’acquisition d’un diplôme, d’un titre à finalité professionnelle ou d’un certificat de qualification. » (Code du travail article L.900-1)
« La validation des acquis produit les mêmes effets que les autres modes de contrôle des connaissances et aptitudes … ». (Code de l’éducation article L.335-5.1)

Combien ça coûte une VAE ?

En fonction du niveau du diplôme souhaité et de l’organisme certificateur choisi, les frais d’inscription à une formation VAE varient entre 200 € et 1 000 € dans le secteur public.

Une somme qui peut être amortie grâce aux différents systèmes d’aide de financement des VAE.

Pourquoi faire une VAE ?

Pour un professionnel, les motivations pour se lancer dans un travail de VAE peuvent être diverses.

1. Obtenir une reconnaissance officielle

Une des raisons qui peut motiver une personne à se lancer dans le long travail personnel de la demande de VAE, peut-être la volonté d’obtenir une reconnaissance officielle.

Pour un professionnel qui se serait lancé dans une activité professionnelle sans diplôme ou sans diplôme en rapport direct avec son travail, la formation VAE peut être l’occasion d’obtenir ce précieux sésame.

Une fois diplômé, le professionnel pourra par exemple profiter d’une légitimité plus forte dans l’entreprise ou la structure qui l’emploie.

2. Évolution de carrière et promotion

Valider une VAE peut également être un argument supplémentaire pour demander une augmentation de salaire ou pour occuper un poste avec plus de responsabilités au sein d’une entreprise.

Si un individu est pénalisé par son niveau d’étude initial, il peut donc faire valoir ses compétences acquises au fil des années pour obtenir un diplôme plus en phase avec ses compétences.

3. Préparer une reconversion

Réaliser une formation VAE peut être le point de départ d’une reconversion professionnelle.

Pour changer d’emploi, un professionnel peut tout d’abord réaliser un bilan de compétences, qui pourra l’orienter vers la réalisation d’une VAE.

Grâce aux compétences acquises dans son métier d’origine, une personne peut, grâce à la VAE, réaliser une passerelle entre son ancienne activité et un nouveau métier.

Si la VAE ne permet que de valider les compétences de l’activité actuelle, elle permet néanmoins de réaliser des formations qui pourraient, elles, amener de nouvelles compétences à valider par la suite.

4. Retrouver un travail

Pour retrouver un travail, certains professionnels se tournent vers la formation VAE.

Si leur diplôme initial ne leur permet pas de proposer leur candidature à certains postes, une validation des acquis d’expérience peut mettre en exergue les compétences acquises sur le terrain.

Cette reconnaissance permet au professionnel d’obtenir un diplôme équivalent à ses compétences réelles pour qu’il postule à un plus grand nombre d’offres d’emploi.

Quelles conditions pour faire une VAE ?

Le système de validation des acquis de l’expérience est ouvert à toutes les personnes actives.

Pour réaliser une VAE, il n’existe donc aucun critère concernant le statut, salarié comme non salarié (demandeur d’emploi, bénévole, artisan, indépendant, intérimaire), l’âge, ou le niveau de formation.

La seule condition pour entamer une VAE est d’avoir réalisé au minimum une année d’expérience professionnelle ou de bénévolat en lien direct avec le diplôme visé.

L’activité à valider doit ainsi correspondre au niveau de responsabilité et de technicité que le diplôme préparé demande.

Pour se lancer dans les démarches d’une VAE, les personnes au chômage doivent rester disponibles à l’emploi malgré leur engagement dans la validation des acquis d’expérience.

À noter que pour réaliser une VAE, le diplôme préparé doit obligatoirement apparaître dans le Répertoire National des Certifications Professionnelles (RNCP).

Tableau récapitulatif
Quelles sont les conditions pour pouvoir s’engager dans un travail de VAE ?
  • Faire partie de la population active (travailler ou être au chômage), qu’importe son activité, son niveau de formation ou son âge.
  • Avoir travaillé au moins une année en rapport avec le diplôme souhaité.
  • Préparer un diplôme inscrit au RNCP.
  • Pour les personnes au chômage, rester disponible à l’emploi parallèlement à la préparation de la VAE.

        Quels types de VAE pour quels diplômes ?

        Les personnes répondant aux critères pour passer une VAE doivent sélectionner quel type de formation VAE correspond à leur situation.

        Les types de VAE se répartissent en cinq catégories : du niveau I (le plus élevé en termes de compétence), jusqu’au niveau V.

        La VAE de niveau I correspond au niveau de qualification le plus élevé.

        Elle équivaut, en entreprise, à un niveau de directeur général ou de manager décisionnaire, avec des compétences importantes comme :

        • la prise de décision stratégique ;
        • une activité décisionnelle par rapport à l’activité de la structure ;
        • la participation à l’établissement de plan d’action ;
        • avoir une totale autonomie au sein de la structure.

        Ce niveau de VAE correspond ainsi à un niveau Master 2 (bac +5).

        La VAE de niveau II s’adresse au directeur d’une branche précise (par exemple directeur de la communication, ou directeur commercial) ou d’un manager, avec des compétences telles que :

        • faire partie de l’équipe dirigeante ;
        • peser sur les prises de décisions stratégiques ;
        • dirigé une unité de travail au sein de la structure ;
        • avoir des responsabilités au sein de la structure et travailler en autonomie.

        La VAE de niveau II correspond ainsi à une licence ou une licence professionnelle, ou master 1 (bac +3 à bac +4).

        Le niveau trois correspond pour sa part au poste d’assistant expérimenté avec des compétences comme :

        • la participation à l’organisation d’activité pour la structure ;
        • le travail en semi-autonomie ;
        • l’aide à la mise en place des différentes décisions prises pour la structure.

        La VAE de niveau III permet de préparer un diplôme comme le BTS, le DUT, le DEUG, et autres formations de niveau bac +2.

        Ce niveau de VAE correspond au niveau dit exécutant. Il repose sur des compétences comme :

        • appliquer des décisions prises pour la structure ;
        • établir des remontées d’informations par rapport à l’activité de l’entreprise ;
        • une autonomie restreinte.

        Ce niveau de VAE prépare un diplôme de type Bac, Bac pro, Brevet professionnel; BEATEP, ou encore BT.

        Adressée pour les exécutants débutants, la VAE de niveau V repose sur des critères comme :

        • une application des décisions pour la structure ;
        • une faible autonomie.

        La VAE de niveau V permet d’obtenir un BEP, un CAP, un BAPAAT ou encore un BEPA.

        Vous devrez choisir le niveau de VAE en fonction de votre situation actuelle.

        Tableau récapitulatif
        Niveau Type de diplôme
        Niveau I Master 2 et plus (à partir de bac +5)
        Niveau II Licence, licence professionnelle, master 1 (bac +3 à bac +4)
        Niveau III DUT, BTS , Brevet professionnel, BEATEP, BT. (bac+2)
        Niveau IV Bac, bac ou brevet professionnel, BEATEP, BT (niveau bac)
        Niveau V CAP, BEP, BAPAAT, BEPA.

        Quelles sont les étapes de la VAE ?

        Mener une VAE consiste à suivre des étapes de travail réparties sur plusieurs semaines.

        Il faut compter en moyenne entre 6 mois et 1 an minimum pour faire une VAE dans son ensemble.

        1. Cerner son projet professionnel

        La première étape importante lorsque l’on souhaite se lancer dans un travail de VAE, c’est de définir avec précision le projet que l’on souhaite mener.

        Ce premier temps apparaît ainsi comme un temps de réflexion. Le professionnel peut alors se diriger vers un point relais VAE qu’il trouvera dans différentes structures (mission locale, CIO, Pôle emploi).

        En fonction du statut et du parcours, les conseillers orientent les personnes vers le type de VAE et l’organisme certificateur.

        Celui-ci dépend du diplôme choisi. Les principaux centres peuvent être :

        • les écoles de commerces ;
        • les écoles d’ingénieurs ;
        • les grandes écoles ;
        • le conservatoire national des arts et métiers (CNAM) ;
        • les antennes du ministère chargé de l’enseignement et les Universités (pour les BEP, CAP, bac pro, BTS, DUT, licence, master, …) ;
        • le Ministère du Travail pour les diplômes professionnels ;
        • le Ministère des Sports pour les formations sportives ;
        • le Ministère de la Santé pour les diplômes dans le domaine sanitaire et social.

        Ce premier temps de travail est également important pour définir les sources de financement potentielles pour votre VAE.

        2. Premier livret et certificat de recevabilité

        Après avoir défini avec précision le projet VAE à mener (type de diplôme, organisme certificateur, financement), il s’agit de remplir un premier livret de recevabilité (livret 1) fourni par l’organisme certificateur.

        Le premier livret permet à l’organisme certificateur de vérifier que la candidature respecte bien l’ensemble des conditions d’éligibilités fixé par la loi.

        Pour ce faire, il faudra fournir des pièces justificatives sur différents sujets comme des informations générales (situation professionnelle, niveau de formation, état civil), ou des informations liées à votre expérience.

        Suite au dépôt de ce premier livret, l’organisme certificateur émet un avis favorable ou défavorable.

        • Si la réponse est positive, une convocation sera envoyée pour réaliser votre inscription, ainsi qu’un deuxième livret.
        • Si la réponse est négative, l’organisme invite le professionnel à retravailler son dossier de candidature.

        3. Second livret de la VAE

        Le second livret, délivré par l’organisme certificateur après validation du premier livret de présentation sert à rédiger les diverses activités exercées (livret 2).

        L’intérêt est ici est de démontrer que l’expérience professionnelle acquise a permis de développer les compétences nécessaires pour obtenir une certification diplômante.

        Il s’agit du cœur de le VAE : ce travail de rédaction des différentes tâches représente à lui seul la majorité du travail demandé pour une VAE.

        C’est en effet à partir de ces explications que le jury s’interrogera et jugera si une activité et les compétences présentées permettent de décrocher le diplôme convoité.

        Il est donc primordial de travailler ce second dossier avec précision pendant plusieurs mois.

        Tout au long de ce travail, le professionnel peut avoir un suivi personnalisé à travers l’aide d’une personne qui accompagne la personne dans sa rédaction tout en la préparant pour le jury final.

        4. Passage devant le jury

        Après avoir achevé la rédaction de votre second livret, le jury envoie une convocation pour un entretien.

        Le but de cet examen final est double : vérifier l’authenticité des informations transmises et développer à l’oral, le projet professionnel.

        À travers le second livret et la rencontre lors de l’oral final, le jury juge si les compétences correspondent au diplôme visé.

        Pour certains diplômes comme les brevets professionnels, le jury peut également évaluer l’individu à partir d’une mise en situation professionnelle.

        La délibération du jury peut amener trois situations :

        • Validation totale du diplôme : le jury juge que les compétences et l’expérience du professionnel correspondent entièrement au diplôme préparé. Le candidat obtient donc la certification pour laquelle il a effectué cette VAE.
        • Validation partielle du diplôme : le jury juge que l’activité présentée correspond bien aux attentes du diplôme préparé. Cependant, il manque encore au candidat certaines compétences primordiales. Le jury valide donc une partie des compétences. Pour valider le reste des compétences, le candidat pourra effectuer une formation complémentaire, produire des travaux écrits exigés ou non par le jury, ou acquérir une nouvelle expérience en rapport direct avec le ou les compétences non validées.
        • Refus de l’obtention du diplôme : le candidat devra recommencer intégralement son travail de VAE s’il le souhaite.

        Pour conclure cette présentation, on peut retenir que la validation des acquis d’expérience s’adresse donc aux plus grands nombres : personnes en activité comme personnes au chômage.

        La VAE permet de mettre à profit ses diverses compétences afin que celles-ci soient reconnues par un diplôme certifiant selon le niveau de chacun.

        Cet article est-il utile ?