L’introduction d’un article scientifique : tout ce qu’il faut savoir

Les articles scientifiques permettent de communiquer des idées nouvelles qui font avancer la recherche. L’introduction est la première partie de tout article : c’est le premier élément que lit le lecteur, il est donc primordial de bien la rédiger.

À travers plusieurs exemples, nous vous expliquons dans cet article à quoi sert une introduction, comment l’organiser, et quelles sont les erreurs à éviter.

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L’introduction de l’article scientifique : son rôle

L’introduction explique brièvement la recherche présentée dans l’article scientifique. Elle sert de cadre aux idées du chercheur ou doctorant. Sa progression logique et les définitions qu’elle peut inclure permettent aux lecteurs de bien comprendre le sujet dans lequel ils se plongent.

L’introduction est une partie qui donne du sens et de la lisibilité à la réflexion menée dans l’article. En amenant la question de recherche et ses hypothèses de réponse, elle justifie les choix du chercheur et met en valeur l’originalité de ses idées.

Eric Duchemin, dans son Guide de rédaction scientifique, propose une définition de l’introduction de l’article scientifique :

« L’introduction d’un article sert à annoncer la problématique de l’étude et à fournir l’information de base sur la recherche ou l’intervention. Pour ce faire, l’auteur doit avoir une bonne connaissance de la littérature sur le sujet, au-delà de la littérature qui appuie plus directement son étude. Une recherche bibliographique exhaustive doit donc être effectuée (voir encadré) de manière à être en mesure de donner les points de vue divergents s’ils existent. L’introduction n’est cependant pas le lieu pour la rédaction d’un examen critique de la littérature, lequel sera traité dans le cadre de la discussion. »

Quand rédiger l’introduction de l’article scientifique ?

En règle générale, il est conseillé de rédiger l’introduction de l’article scientifique après avoir terminé la rédaction du développement de l’article.

Cette technique permet de bien maîtriser le sujet et d’être certain de connaître les résultats. En effet, certaines expérimentations et recherches mènent parfois à un résultat inattendu, et peuvent changer le cours de la recherche.

La taille idéale de l’introduction de l’article scientifique

En règle générale, l’introduction représente 10 % du texte. L’introduction devant faire office de présentation, elle doit rester synthétique et ne doit pas émettre d’interprétations ou relever de nouveaux éléments. Pour éviter cela, il est conseillé de lui dédier un espace raisonnable dans le contenu, suffisant pour présenter les différentes étapes qui la composent.

L’introduction de l’article scientifique : comment l’organiser ?

La meilleure manière de rédiger l’introduction est de suivre une structure dite “en entonnoir” : elle permet de partir du général, pour ensuite cibler les propos en direction de la problématique.

Cette structure est composée des éléments suivants :

  • une amorce pour présenter le sujet ;
  • un cadre théorique (ou état de l’art) pour contextualiser et définir les termes du sujet ;
  • une problématisation pour introduire la question de recherche ;
  • une hypothèse de recherche ;
  • une annonce du plan.

Bien sûr, d’un sujet à l’autre, toutes ces parties n’auront pas forcément la même utilité. Leur ordre pourra également varier. Les articles scientifiques sont avant tout un terrain libre d’expression et d’organisation : cette structure n’est pas obligatoire mais peut servir de guide.

L’article qui servira de référence pour illustrer les étapes de l’introduction est le suivant :
Guéguen, Haud. « Reconnaissance et légitimité. Analyse du sentiment de légitimité professionnelle à l’aune de la théorie de la reconnaissance », Vie sociale, vol. 8, no. 4, 2014, pp. 67-82.

1. La présentation du sujet

La présentation du sujet fait office d’amorce. Les éléments qu’elle expose ont pour objectif d’attirer le lecteur en lui montrant l’originalité du sujet. Cette section peut aussi permettre de définir les concepts centraux de l’article.

La rédaction de cette partie est très importante elle donne le ton de l’article. C’est en la parcourant que le lecteur se fera une première impression sur la qualité de l’article. Il est donc important qu’elle attire son attention tout en restant dans le sérieux et la justesse.

Voici un exemple d’amorce, extrait de notre article de référence :
« La notion de “légitimité” est une notion plurivoque. Non pas qu’elle admette des sens qui seraient incompatibles ou sans rapport entre eux, mais parce que, si on l’envisage à partir de sa focale qui est la question de la justice, elle revêt une extension très large. »

2. Le cadre théorique

Le cadre théorique est un état de l’art des recherches précédentes menées sur le même sujet. L’évolution de certains concepts clés ainsi que leur définition peuvent être développés au sein de cette partie qui prépare l’arrivée de la problématisation.

À partir des connaissances déjà acquises sur le sujet, l’auteur peut justifier sa recherche. Il peut proposer un nouvel angle de recherche, contredire une idée, étendre des recherches déjà menées, amener une nouvelle proposition à un débat, etc.

Voici un extrait du cadre théorique l’article de référence :
« La notion de la légitimité renvoie ainsi à la problématique de la justice et de l’injustice qu’elle interroge à partir de la question des normes ou des critères qui, de l’extérieur, permettent de juger une situation particulière. Par extension, la terminologie de la légitimité en vient à qualifier, dans le langage ordinaire, toute situation pouvant être considérée comme juste : un acte individuel, une décision mais aussi une position, qu’elle soit d’ordre social, politique ou – et c’est ce qui nous intéressera ici – professionnel. »

3. La problématisation

La problématisation est le lieu où la question de recherche est posée. C’est une question qui ne peut se résoudre qu’à travers des recherches, des tests et des expérimentations menés de manière scientifique. Cette interrogation est souvent novatrice et soulève des hypothèses de recherche en guide de réponses.

Celle-ci peut être énoncée sous la forme d’une question, ou alors sous-entendue. Elle se doit d’être originale afin de déployer un argumentaire, qui sera développé dans le reste de l’article.

Voici un extrait de la problématisation issu de notre article de référence :
« Dans cette optique, se demander si telle position professionnelle est ou non légitime, c’est se demander deux choses. C’est, d’une part, se demander si, abstraction faite de la personne qui l’occupe, cette position ou cette fonction est conforme au droit et à la justice, pensés comme irréductibles à la légalité, et a donc une raison d’être, la question étant alors d’évaluer le degré de légitimité d’un poste ou d’un métier particulier (par exemple : la fonction du travailleur social, du policier, du juge, de l’enseignant, du trader, etc., est-elle en tant que telle légitime ?). Mais c’est encore, d’autre part,se demander si l’individu singulier qui occupe cette fonction a bien les qualités requises pour le faire, la question étant en ce cas de savoir si, au regard de ses titres, de ses capacités ou de son expérience, il est ou non légitime dans sa fonction (par exemple : telle personne est-elle, au vu de ses qualifications et de ses compétences, légitime pour exercer tel métier ou tel poste ?). »

4. L’hypothèse de recherche

L’hypothèse scientifique permet de répondre à la question de recherche. Son ou ses orientations justifient les démonstrations qui seront menées dans la suite de l’article. Elle propose une ou plusieurs pistes de réponses que l’auteur développe et teste dans le corps de l’article.

Voici l’hypothèse de recherche de notre article de référence :
« Prenant appui sur la théorie de la reconnaissance telle qu’elle a été élaborée par Axel Honneth , et prolongée par Emmanuel Renault , nous tenterons pour ce faire de montrer que le sentiment de légitimité peut être compris comme le résultat d’un processus de reconnaissance ou d’estime réciproque et que, à ce titre, il est lui aussi à envisager comme un critère de justice. Notre hypothèse sera donc la suivante : la légitimité professionnelle envisagée comme un vécu est irréductible à la question formelle et objective de savoir si les qualifications et compétences d’un individu le légitiment dans sa fonction, en ce sens qu’elle intègre, de façon constitutive, la question de savoir si une personne est reconnue par les autres dans sa fonction. plus directement encore : le sentiment de légitimité n’est pas possible en l’absence des rapports de reconnaissance mutuelle dont il procède, de même que, inversement, le sentiment d’illégitimité ne peut être correctement compris que si l’on fait droit à sa genèse intersubjective. penser la légitimité comme un sentiment psychosocial suppose ainsi de l’articuler à la problématique de la reconnaissance. »

5. L’annonce du plan

L’annonce du plan est souvent placée en dernier. Elle permet de relier l’introduction avec le corps du texte. Cette section de l’introduction fait ressortir la progression logique du plan (qu’il possède une structure IMRaD ou non).

Cette présentation du plan a pour objectif de donner envie au lecteur de découvrir le cheminement et les raisonnements du chercheur.

Voici l’annonce du plan de notre article de référence :
« Afin d’opérer cette articulation des deux problématiques que sont celle de la reconnaissance et celle du sentiment de légitimité professionnelle, nous procéderons en deux temps. Nous commencerons par présenter les grandes lignes de la théorie de la reconnaissance d’Axel Honneth, après quoi nous chercherons à articuler cette problématique à celle de la légitimité dans le champ professionnel. Il s’agira alors de montrer que l’approche intersubjectiviste qu’autorise la théorie de la reconnaissance permet d’élargir le problème de la légitimité – et le problème de la justice qui lui est étroitement lié – en l’envisageant à partir de l’expérience ou du vécu des acteurs sociaux. »
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L’introduction de l’article scientifique : les erreurs à éviter

Pour rédiger une bonne introduction, certaines erreurs sont à éviter : mise en forme et temporalité inadéquates, phrases complexes, annonce de fausses promesses, etc.

Une introduction trop longue

L’introduction ne doit pas être trop longue : elle doit rester synthétique. Son contenu ne doit pas déborder sur le reste de l’article. Son rôle de partie de “présentation” : pas de développement.
Le risque principal d’une introduction d’article scientifique trop longue est la perte du lecteur. Or, pour la réputation de l’article (citations, commentaires) il est important de prêter attention au lecteur.

Une introduction trop complexe

Une introduction doit être simple. Tous les termes peu usuels ou spécifiques qu’elle emploie doivent être définis dans l’amorce ou le cadre théorique, surtout si l’article sera publié au sein d’une revue largement diffusée (revue interdisciplinaire, revue de vulgarisation, etc.).

De même que pour la longueur de l’article, une introduction trop complexe risque de perdre une partie des lecteurs et de ne pas créer beaucoup d’impact.

Les promesses non réalisées dans l’article

À vouloir rédiger une introduction qui attire le regard, attention la tentation de tomber dans l’exagération. Afin d’éviter ce risque, il est important de garder la question de recherche et les hypothèses à l’esprit.

L’introduction, souvent lue en première, a tendance à marquer le lecteur qui la retiendra plus aisément. Les promesses auront donc une forte chance d’être retenues. Si l’article n’y répond pas, l’article s’expose à des remarques et critiques.

Exemple d’introduction d’article scientifique en entier

Voici notre article de référence. L’introduction en entier occupe les trois premières pages de l’article.

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Chloé Leterme

Chloé est rédactrice pour la partie “articles scientifiques” de Scribbr. Encore étudiante en lettres modernes il y a peu, elle partage ses connaissances du monde universitaire avec pédagogie afin d’aider au mieux les étudiants et doctorants.

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