Tout savoir sur la partie “méthodologie” de l’article scientifique

Tout article scientifique, et en particulier dans les sciences dures, est divisé en sections précises. Parmi elles, la méthodologie est une partie majeure qu’il est important de bien rédiger.

Dans cet article, nous faisons le tour de la question : définition, structure, conseils et exemples vous aideront à rédiger votre méthodologie.

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Qu’est ce que la partie méthodologie d’un article scientifique ?

La méthodologie est une section qui compose l’article scientifique. On la retrouve dans l’acronyme IMRAD (Introduction, Méthodologie, Résultats, And [et], Discussion) qui reprend la structure des articles de recherche.

C’est une section parfois très longue car elle comporte beaucoup d’informations importantes.
Son objectif est de décrire de manière détaillée les méthodes et procédures d’une étude afin qu’elle puisse être reproduite par d’autres chercheurs.

Attention !
La méthodologie se contente de montrer la marche à suivre, mais ne doit pas donner de résultats. En effet, la section “résultats” qui suit la méthodologie est spécialement prévue pour cela.

L’importance de la méthodologie

La méthodologie est la partie centrale de l’article scientifique. Elle est importante car elle justifie les choix et les raisonnements qui permettent de répondre aux hypothèses de recherche. À l’aide de cette partie, d’autres chercheurs doivent pouvoir reproduire l’expérience si besoin.

Souvent, le choix des comités de relecture des revues scientifiques repose en grande partie sur cette section, surtout dans le domaine des sciences dures.

La place de la méthodologie dans l’article

La méthodologie est généralement placée juste après l’introduction. Elle peut être présentée en même temps que le matériel sous le nom “matériel et méthode”. Après la méthodologie, il est courant de retrouver les résultats, ainsi que la discussion.

Il est donc important de garder à l’esprit que la méthodologie ne doit pas empiéter sur les parties qui la suivent : c’est une section descriptive et non analytique !

La taille de la partie méthodologie d’un article scientifique

Cette section est souvent la plus longue de l’article. Elle fait généralement 20 % de la taille du contenu, mais peut s’étendre au delà, en fonction des éléments qu’elle comporte.

Certaines études nouvelles possèdent une méthode d’expérimentation très fournie, alors que d’autres s’appuient sur des articles déjà existants.

Méthodologie, Matériel et Méthode, ou Methods ?

Tout dépend du choix de l’auteur et de la revue. La structure IMRAD propose l’utilisation de « méthodologie », mais il ne s’agit que d’une recommandation : certains nomment cette partie « matériel et méthodes », ou « méthodes et matériel ».

Le terme methods est plus souvent utilisé dans le monde anglophone et dans le cas d’articles traduits en langue anglaise. Dans les pays francophones, le terme le plus fréquent est « méthodologie », même si tous les termes sont acceptés.

La structure de la méthodologie d’un article scientifique

La méthodologie peut comporter plusieurs sous-sections. En effet, c’est souvent la partie la plus longue de l’article scientifique car elle détaille et développe de nombreux éléments. Les sous-sections divisent et organisent le contenu pour le rendre plus compréhensible.

En fonction du type et du sujet de l’article, plusieurs sous-sections peuvent être proposées. Chacune doit posséder un titre court évoquant son contenu. Ces parties concernent généralement :

La partie méthodologie qui servira d’illustration est issue de l’article suivant :

Dujoncquoy, S, V. Migeot, et B. Gohin-Pério. « Information sur le dépistage organisé du cancer du sein : étude qualitative auprès des femmes et des médecins en Poitou-Charentes », Santé Publique, vol. 18, no. 4, 2006, pp. 533-547.

Le cadre théorique

S’il n’est pas abordé dans l’introduction, le cadre théorique peut être amené dans la méthodologie. Elle présente les principes de base et les règles générales liées au sujet de l’article. Cela permet de relier le sujet de l’étude à d’autres recherches déjà menées, tout en allégeant les démonstrations qui s’appuient déjà sur certains concepts.

Exemple de cadre théorique
À la suite des travaux de Dupond (2005) et de Alexandrovna (2009), il semble intéressant de se concentrer sur les conditions et les contraintes de la coopération entre les professionnels de santé, tout en mobilisant les travaux de sociologie de la santé développés par Butor (2001). (…)

L’approbation éthique

L’approbation éthique va souvent de paire avec le cadre théorique, même s’il est possible de la retrouver dans d’autres parties de l’article scientifique. Cette sous-section est importante dans le cas d’études menées en lien avec la population : elle garantit certains principes éthiques tels que le consentement ou l’anonymat.

Exemple d’approbation éthique
Pour préserver l’anonymat des participants, les dénominations « témoin 1 », et « témoin 2 » ainsi que « cas 1 » et « cas 2 » seront utilisées. Qu’ils appartiennent au groupe des témoins ou des cas, la procédure de recueil de consentement utilisée fut la même pour tous.

Le site d’étude

Cette sous-partie précise le lieu de l’étude lorsque les recherches sont menées à l’extérieur. Elle décrit les caractéristiques du ou des lieux (particularités, population) afin que le lecteur puisse se représenter l’endroit. Cette partie est particulièrement pertinente dans le cas de sites d’études précis (zones au climat spécifique, conditions chimiques de l’air, du sol ou des lacs, environnement en voie de disparition, etc).

Exemple
Cette étude s’est déroulée en deux phases : une phase exploratoire auprès des médecins coordinateurs et des chargés de communication des structures de gestion départementales, une seconde phase d’enquête auprès des destinataires de la communication. L’objet de la phase exploratoire a requis, dans un premier temps, de recenser les actions de communication entreprises dans les quatre départements de la région Poitou-Charentes, pour construire l’ensemble des guides d’entretien à destination des femmes et des médecins. Pour ce faire, une enquête auprès des médecins coordinateurs et des chargés de communication des quatre structures de gestion départementales a été réalisée. Cette première phase a été essentielle pour comprendre le contexte de la mise en place des campagnes de communication par département (existence ou non d’un groupe de communication, actions entreprises…). Au vu de cette phase, deux terrains d’investigation ont été définis : les départements de la Charente et de la Vienne. En effet, il est apparu difficile de réaliser l’étude sur les quatre départements, en raison de l’entrée trop récente des départements de la Charente-Maritime et des Deux-Sèvres dans le programme de dépistage organisé.

L’échantillonnage

La sous-section de l’échantillonnage recense les paramètres utilisés pendant la recherche. Cette partie importante détaille l’organisation et la distribution des tâches pendant l’étude. Il peut par exemple s’agir :

  • du nombre d’acteurs réquisitionnés pour l’étude ;
  • des critères de sélection des sites et des personnes ;
  • du type de personnes ou de matériel ;
  • du nombre d’échantillons prélevés en fonction des lieux d’étude ;
  • des méthodes de prélèvement des échantillons (sondages, entretiens, incubation, etc.).

L’évaluation de l’article scientifique repose en partie sur cette sous-section, car elle détermine les fondements de l’étude avant toute analyse de résultat. Elle doit être suffisamment détaillée pour justifier la portée de la recherche tout en permettant à d’autres scientifiques de reproduire l’échantillonnage.

Exemple avec la sous-section est intitulée « Population d’enquête »
Population d’enquête
Les médecins généralistes, les gynécologues et les radiologues ont été repérés comme les acteurs-clés dans la réussite du programme de dépistage organisé [4]. Ainsi, notre échantillon a été constitué à partir de l’ensemble des médecins généralistes libéraux, radiologues libéraux, gynécologues libéraux et salariés inscrits au fichier ADELI au 10 mai 2004, centralisé par le Service des Études Statistiques des DRASS en tenant compte de leur situation géographique (ville ou campagne), de leur sexe et de leur type d’activité. Le panel composé de médecins a été effectué par un tirage aléatoire. Le recrutement des femmes s’est effectué au travers de divers réseaux : les structures de gestion départementales et les Centres d’Information sur les Droits des Femmes afin de pouvoir rencontrer aussi des femmes peu insérées socialement ou ayant des difficultés d’accès aux soins. Une attention particulière a été portée à leur situation vis-à-vis du dépistage : dépistée une ou plusieurs fois dans le cadre du dépistage organisé, dépistée de manière individuelle, non dépistée. Le panel a été effectué par une requête en tenant compte des critères définis : la tranche d’âge (50-60 ans et 60-74 ans), la localisation géographique (ville/campagne) et la catégorie socio-professionnelle. Afin de réaliser les entretiens auprès des médecins, la méthodologie employée par le CIM’ 01 (Centre d’Information Médicale et scientifique, spécialiste du lien-santé par contact à distance) a été appliquée. Cette méthodologie consiste en l’envoi d’une lettre préalable, annonçant notre appel dans les jours suivant l’envoi, pour une prise de rendez-vous et le thème de l’entretien. La prise de rendez-vous avec les femmes s’est effectuée par téléphone, réalisée depuis la structure de gestion de dépistage des cancers.

La notation

Lorsqu’un article scientifique comporte des calculs, certains symboles mathématiques reviennent fréquemment. Dans ce cas, il est important de donner la définition de ces symboles qui simplifient les formules.

La notation est une partie qui a vocation à donner les règles de notation (emploi des majuscules et des minuscules par exemple), ainsi qu’un descriptif de chacun des symboles employés. La notation peut être présentée dans un paragraphe ou sous forme de tableau.

Exemple de tableau de notation
SymboleDescription
σÉcart type
σ²Écart, deuxième moment central
l x cTaille d’une matrice : l = lignes et c = colonnes

La description de la méthode

Cette sous-section présente la méthode de recherche. Son objectif est de montrer si les expérimentations sont bien adaptées et suffisamment ciblées pour répondre à l’hypothèse. C’est donc un travail de description et de justification de l’étude.

Elle comporte les étapes principales du protocole expérimental (conception, analyse, implémentation), ainsi que d’autres informations liées au type de données.

Certains articles ont recours à des schémas, afin de simplifier la compréhension de cette partie parfois complexe. Si la recherche décrite nécessite du matériel, une description des instruments doivent être cités et décrits. (chromatographe, analyseur de texte, etc.).

Exemple
Instrument et collecte des données
Quarante entretiens individuels de type semi-directif ont été conduits par une seule personne (SD), qualifiée en sociologie de la santé, missionnée par la DRASS pour réaliser cette étude. Les entretiens se sont déroulés de mai à juillet 2004. Ce type d’entretien nous a permis de recevoir une information à une série de questions guides et de proposer à nos différents interlocuteurs un cadre où ils puissent s’exprimer librement, et ce, dans une optique qualitative. Le recensement des actions de communication menées sur les quatre départements du Poitou-Charentes et leur analyse ont permis d’appréhender au mieux les différents éléments à restituer dans les guides d’entretiens. Les résultats de cette analyse ne sont pas présentés ici. L’entretien en « face-à-face » avec les médecins et les femmes s’est imposé comme une nécessité pour pouvoir rendre les échanges les plus riches possibles, en présentant à nos interlocuteurs des éléments textuels et visuels. Aussi, la présentation d’articles, de dépliants et plaquettes d’information, de bulletins d’information, leur a permis de réagir, d’exprimer leurs perceptions, leurs interprétations, leurs expériences. Les thèmes abordés lors des entretiens avec les femmes et les médecins portaient sur la connaissance des modalités du programme de dépistage organisé, l’intégration du dépistage organisé dans la pratique quotidienne du médecin, l’abord du sujet du dépistage entre le médecin et sa patiente et sur le rôle des supports de communication dans la mise en œuvre d’une démarche de dépistage.

Analyse des données

Cette sous-section décrit la méthode d’analyse des données. Sans donner de résultat, elle montre les techniques qui lui permettent d’utiliser les données recueillies. De cette manière, elle contribue à justifier l’hypothèse de recherche présentée dans l’introduction.

Exemple
Analyse
Les 40 entretiens ont été intégralement retranscrits. Nous avons donc procédé à l’exploitation des données recueillies par la méthode de l’analyse de contenu et plus spécifiquement à l’analyse thématique qui permet la mise en évidence des représentations sociales ou des jugements des interlocuteurs à partir d’un examen de certains éléments constitutifs du discours : connaissance des principes et modalités du dépistage, comportement des médecins par rapport à la prescription du dépistage, restitution, mémorisation et appréciation des outils d’information, représentations du cancer du sein et du dépistage. Nous avons également cherché au cours de cette étude à identifier les raisons de l’implication des médecins dans la prescription du dépistage organisé, nous permettant ainsi de comprendre l’impact des campagnes d’information sur le comportement des médecins.

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Exemple de la partie méthodologie d’un article scientifique

Voici l’article « Information sur le dépistage organisé du cancer du sein : étude qualitative auprès des femmes et des médecins en Poitou-Charentes » en entier. Sa partie « méthodologie » se situe à partir de la quatrième page :


Télécharger l’exemple

Source : https://www.cairn.info/revue-sante-publique-2006-4-page-533.htm#

Qu’est-ce que la partie méthodologie d’un article scientifique ?

La méthodologie est une section qui compose l’article scientifique. Elle est placée juste après l’introduction et précède les résultats et la discussion. Ce n’est pas une partie analytique mais descriptive car elle expose les procédures et conditions de l’étude.

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Quelle est la place de la partie « méthodologie » d’un article ?

La méthodologie est généralement placée juste après l’introduction, et avant les résultats et la discussion.

 

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Chloé Leterme

Chloé est rédactrice pour la partie “articles scientifiques” de Scribbr. Encore étudiante en lettres modernes il y a peu, elle partage ses connaissances du monde universitaire avec pédagogie afin d’aider au mieux les étudiants et doctorants.

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