Style de rédaction scientifique : conseils, méthodologie, exemples

Tout contenu scientifique demande une bonne maîtrise rédactionnelle. Pour écrire un bon article scientifique et éviter les erreurs, il est important de connaître certaines règles et méthodes de rédaction.

Dans cet article, nous vous donnons des outils de méthodologie, des conseils et des exemples de rédaction scientifique.

Conseil : besoin de faire vérifier et relire votre article scientifique avant publication ? Les correcteurs de Scribbr sont là pour relire et corriger vos articles en suivant le style de rédaction scientifique.

Qu’est ce que le style de rédaction scientifique ?

Les articles de recherche scientifique suivent une structure précise et doivent posséder un style de rédaction adéquat.

La rédaction scientifique porte une attention particulière à certains éléments.

  1. Les tournures de phrases, qui doivent transmettre l’information de manière claire.
  2. La syntaxe et l’orthographe, qui doivent être compréhensibles et sans erreurs.
  3. Le respect de certaines règles, qui doivent être appliquées de manière cohérente et harmonieuse (références et citations, paraphrases).
  4. L’organisation de la structure : longueur des phrases, espacement des paragraphes.
  5. Le vocabulaire et l’explication des concepts importants.

Tous ces éléments constituent le style de rédaction.

Pourquoi faut-il un style de rédaction scientifique ?

Adopter un style de rédaction scientifique approprié permet d’affirmer le sérieux de la recherche tout en prenant en compte le lectorat. L’auteur peut ainsi exposer son positionnement et son raisonnement de manière lisible et cohérente.

Avec le développement du libre accès, de plus en plus d’articles sont consultables en ligne gratuitement. Le soin apporté à la rédaction est donc primordial : les contenus scientifiques doivent pouvoir être accessibles à un grand nombre de lecteurs tout en faisant preuve d’un niveau d’expertise élevé.

L’exemple sur lequel nous nous appuierons est le suivant (cet article scientifique est disponible en libre accès sur Cairn.fr) :
Seurrat, Aude. « Déconstruire les stéréotypes pour “lutter contre les discriminations” ? Le cas de dispositifs de “lutte contre les discriminations” et de “promotion de la diversité” dans les médias », Communication & langages, vol. 165, no. 3, 2010, pp. 107-118.

Rédiger un article convaincant

Un article ou un contenu scientifique bien rédigé est davantage susceptible de plaire au comité de lecture (ou comité d’édition) de la revue ainsi qu’à ses lecteurs.

Une écriture bien travaillée renforce la crédibilité du contenu et augmente ainsi sa potentialité à être cité par d’autres chercheurs. Bien sûr, la qualité de la démonstration scientifique est primordiale. Cependant, un aspect clair et agréable met en valeur ce cheminement scientifique.

Simplifier la compréhension du lecteur

Un article rédigé suivant un style scientifique soigné permet aux lecteurs de saisir la logique du raisonnement du (ou des) auteur(s). Ce type d’écriture facilite la transmission des informations avec pédagogie.

Voici un extrait d’une démonstration issue de notre article scientifique de référence :
« Les stéréotypes sont présentés comme des représentations qui ne sont pas questionnées : il conviendrait de les rendre conscientes pour les disqualifier. L’idée sous-jacente serait que si l’on sait qu’un stéréotype en est un, il perd ses effets. La qualification fait office de disqualification. La formulation de stéréotypes est alors présentée comme une forme de catharsis : les dire, ce serait s’en prémunir, les formuler permettrait de s’en libérer. »
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Le style scientifique : les règles importantes

Quelques règles sont à connaître pour savoir rédiger convenablement. Elles concernent principalement l’utilisation des références, les sources et les paraphrases dans le but d’éviter le plagiat.

1. Citation des sources dans le texte

Tout contenu scientifique s’appuie sur des sources. Puisqu’elles concernent le travail d’autrui, il est nécessaire de les citer. Certains articles citent entre guillemets et précisent le nom de l’auteur, tandis que d’autres utilisent les normes APA dans le texte.

Voici un exemple de citation issu de notre article de référence :

« Walter Lippmann, un publicitaire américain, a été l’un des premiers à en faire un usage figuré dans son ouvrage Public Opinion de 1922. Il désigne, par ce terme emprunté au langage courant, “les images dans notre tête qui médiatisent notre rapport au réel”. »

En suivant la méthode de citation APA, l’auteur aurait pu écrire :

« Un publicitaire américain a été l’un des premiers à en faire un usage figuré dans son ouvrage (Lippmann, 1922). Il désigne, par ce terme emprunté au langage courant, “les images dans notre tête qui médiatisent notre rapport au réel”. »

2. Les références dans la bibliographie

La bibliographie présente aussi toutes les sources sur lesquelles l’auteur s’est appuyé. Au niveau de la structure, cette section se situe souvent à la fin du document.

Sa présentation peut être imposée par la revue (taille et type de police, organisation des éléments, classement des ouvrages). Il est important que cette section soit cohérente : les sources utilisées doivent converger vers la même thématique.

3. L’usage des notes de bas de page

Les notes de bas de page sont des références placées en bas de la page. Elles sont numérotées et permettent de développer une partie du texte ou de donner les détails et caractéristiques d’un ouvrage.

De même que les citations ou les références de la bibliographie, les références placées en bas de page doivent suivre le modèle demandé par la revue.

Voici un exemple de note de bas de page issu de notre article de référence :
15. Gordon Willard Allport est un psychologue américain né en 1897 et mort en 1967. Dans The nature of prejudice publié pour la première fois en 1954, il se penche notamment sur les rapports entre attitude et comportement. Selon lui, le préjugé est une attitude négative envers un objet qui se manifeste ou non en comportement dans certaines situations. Pour l’auteur, les préjugés peuvent diminuer par « le contact intercommunautaire. » Allport, Gordon Willard, 1979, The nature of prejudice, édition revue par Thomas Pettigrew, New York, 25th Anniversary.

4. Paraphraser

Paraphraser revient à expliquer l’idée d’autrui sans citer de texte avec des guillemets. Son usage est assez fréquent et suit certaines règles. Afin d’éviter le plagiat, la paraphrase doit toujours indiquer la source de l’idée formulée.

Voici un exemple de paraphrase issu de notre article de référence :
« Selon lui, il s’agit des représentations toutes faites, des schèmes culturels préexistants, à l’aide desquels chacun filtre la réalité. Pour l’auteur, ces images sont indispensables à la vie en société car, sans elles, l’individu serait dans l’incapacité de comprendre le réel. Walter Lippmann ne considère donc pas le stéréotype de manière négative. »

Le style scientifique : conseils et exemples

Une fois que les règles de rédaction scientifique sont appliquées, d’autres méthodes peuvent être utilisées. Leur application garantit l’usage d’un style scientifique adéquat et agréable à lire.

1. Suivre une progression logique

Il est important de tenir un propos logique. Le raisonnement doit être structuré et suivre une progression claire et détaillée.

Chaque partie peut être introduite puis résumée en quelques lignes afin de ne pas perdre le lecteur. La question de recherche doit être centrale et chaque partie doit permettre d’y répondre. Pour cela, l’usage de phrases courtes et de paragraphes espacés est conseillé , afin d’optimiser la lisibilité du texte.

L’usage de mots de liaison tels que “d’ailleurs”, “par conséquent”, “ainsi”, “premièrement” et “deuxièmement” exposent la logique exprimée par le chercheur dans son texte.

Voici un extrait de l’introduction d’une partie, issu de notre article de référence :
« Différentes stratégies sont mises en œuvre par ces dispositifs afin de disqualifier les stéréotypes. La première consiste à conscientiser les stéréotypes par une pratique de formulation. La seconde tend à pointer, identifier les stéréotypes pour les rendre inopérants. Quant à la troisième, la plus développée au sein des kits, elle s’apparente à une pratique de stéréotypage, de déconstruction des stéréotypes par la lecture. »

2. Utiliser un vocabulaire adéquat

Pour maintenir l’intérêt du lecteur et faire en sorte qu’il suive le raisonnement, le vocabulaire est important. Pour cela, il est déconseillé d’utiliser un langage trop “littéraire” qui utiliserait beaucoup de métaphores ou de constructions syntaxiques complexes.

Selon le type de revue, il est nécessaire d’adapter ses propos au lecteur. En effet, dans certaines revues, les lecteurs seront des spécialistes du sujet alors que dans d’autres (revues de vulgarisation ou revues interdisciplinaires), le lecteur découvrira le sujet. Dans ce cas, il sera alors important de définir les concepts principaux.

Voici un exemple de définition issu de notre article de référence :
« Le mot “stéréotype” vient du grec stereos qui signifie “dur”, “solide” et de typos qui est traduit par “gravure”, “modèle”. Le stéréotype est d’abord un terme technique qui désigne un procédé typographique. Au début du XIXe siècle, l’imprimerie invente un nouveau procédé de reproduction en masse d’un modèle fixe : la stéréotypie, qui remplace la composition par caractères mobiles. Le stéréotype est un “type en relief” obtenu par moulage pour effectuer des impressions rapides. »

3. Le temps des verbes

Le présent de l’indicatif est le temps plus utilisé dans les articles scientifiques. Les temps de narration tel que l’imparfait ou le passé simple sont peu utilisés. Le présent garantit l’unité et la sobriété des propos scientifiques et permet d’accéder directement à l’information.

Exemple de temporalité dans un texte scientifique :
« Même si l’auteur soulève des questions qui semblent tout à fait pertinentes et importantes à prendre en compte, nous souhaitons souligner que ce n’est pas parce qu’une notion circule dans le social, et est investie de nouvelles significations, qu’elle devient inopérante. »

Les erreurs à éviter

Certaines erreurs peuvent faire obstacle à la compréhension des lecteurs et porter préjudice au discours scientifique. Parmi les principales erreurs, on retrouve l’usage de la première personne, les phrases trop longues et les fautes d’orthographe.

1. Donner son avis personnel

Il n’est souvent pas conseillé de donner son avis personnel dans les articles scientifiques, sauf dans les paragraphes dédiés à la justification ou à l’interprétation. Pour éviter cette erreur, les formes impersonnelles et les tournures passives sont à privilégier.

Voici un exemple issu de notre article de référence :

Au lieu de : « Nous pouvons ainsi envisager les kits comme des technologies herméneutiques, selon l’expression d’Yves Jeanneret »L’article propose : « Les kits peuvent ainsi être envisagés comme des technologies herméneutiques, selon l’expression d’Yves Jeanneret »

2. Faire de longues phrases

Dans tout contenu scientifique, il est nécessaire d’éviter les longueurs. Celles-ci rendent le texte peu agréable à lire et peuvent contraindre l’accès à l’information. Mieux vaut éviter les répétitions : chaque phrase doit apporter une information. Le métalangage est un défaut courant à éviter, car il allonge les phrases avec des informations peu utiles.

Voici un exemple issu de notre article de référence :

Au lieu de : « Maintenant que les réflexions sur la notion de stéréotype on été présentées, les différentes stratégies mises en œuvre par ces dispositifs afin de disqualifier les stéréotypes vont être étudiées. »L’article propose : « Différentes stratégies sont mises en œuvre par ces dispositifs afin de disqualifier les stéréotypes. »

3. Les fautes d’orthographe

Les fautes d’orthographe peuvent compromettre le sérieux de l’article et le faire perdre en crédibilité. La relecture est donc une étape incontournable !

La plupart du temps, il est difficile de s’apercevoir soi-même de ses fautes. En effet, au bout de nombreuses heures passées sur un texte, l’accoutumance peut rendre les erreurs invisibles aux yeux de l’auteur. La meilleure solution est faire relire le contenu par une tierce personne (directeur de mémoire, collègues, etc.)

Checklist de la rédaction scientifique

Pour vous aider, voici quelques points à vérifier avant de publier ou de soumettre un contenu à une revue :

  • Les concepts importants et les acronymes sont définis.
  • Le texte est régulièrement aéré (paragraphes, alinéas).
  • Si l’article paraît dans une revue à large public, les concepts importants et les acronymes sont définis.
  • Aucune phrase ne fait plus de trois lignes complètes.
  • Les schémas, tableaux et figures possèdent une légende détaillée.
  • Toutes les citations et références du texte sont répertoriées dans la bibliographie.
  • L’usage de la première personne du singulier (ou du pluriel si plusieurs auteurs) est surtout présent dans les parties dédiées à l’interprétation ou au positionnement.
  • Les verbes sont conjugués au présent de l’indicatif.
  • Les citations, notes de bas de page et références suivent le style demandé par la revue.
  • L’article a été relu et ne possède aucune faute d’orthographe.
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Chloé Leterme

Chloé est rédactrice pour la partie “articles scientifiques” de Scribbr. Encore étudiante en lettres modernes il y a peu, elle partage ses connaissances du monde universitaire avec pédagogie afin d’aider au mieux les étudiants et doctorants.

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