L’hypothèse d’un article scientifique : méthode et exemples

Les articles scientifiques sont des contenus qui alimentent la recherche et doivent présenter un certain nombre d’éléments. Ils doivent respecter un style particulier et présenter une structure scientifique. Parmi eux, l’hypothèse de l’article est importante : elle expose des pistes de réponse à la question de recherche et permet de justifier les expériences menées.

Dans cet article, nous abordons tous les aspects de l’hypothèse de recherche scientifique : sa définition, comment la construire et comment la rédiger !

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Qu’est ce que l’hypothèse de recherche d’un article scientifique ?

L’hypothèse scientifique est une partie du raisonnement qui permet de présenter la recherche développée tout au long de l’article. Elle propose une ou plusieurs pistes de réponses à la question de recherche.

Cette problématique est le questionnement central qui guide l’article : elle engendre des hypothèses de réponses, qui elles-mêmes conduisent aux recherches et aux expérimentations.

Souvent présente dans l’introduction de l’article scientifique, elle défend le positionnement du chercheur (ou doctorant). En exposant les choix de l’angle de recherche : cette partie peut générer une discussion, des questionnement ou un débat.

Comment trouver l’hypothèse de son article scientifique ?

Pour trouver l’hypothèse d’un article scientifique, il faut partir d’une observation qui soulève un questionnement, puis procéder à un affinage progressif.

Etape 1 : création d’une hypothèse générale

L’observation est la source de tout questionnement scientifique : quand un fait observé est inconnu, la recherche et la science peuvent contribuer à l’expliquer ! L’hypothèse a vocation à être confirmée ou infirmée afin de répondre aux doutes et aux questionnements qu’elle soulève.

La première idée d’hypothèse est souvent générale : elle répond de manière élémentaire au questionnement.

Exemple d’hypothèse générale

Un chercheur se rend compte que le pain mâché prend un goût sucré. Ses recherches le mènent à penser que le pain subit une transformation dans la bouche : la salive agit, et un élément présent dans le pain se transforme en sucre.

Une hypothèse générale peut être extraite de ce raisonnement : “Les composants du pain produisent un goût sucré quand ils se mélangent à la salive”.

Etape 2 : affinement de l’hypothèse

Ensuite, l’hypothèse générale doit être affinée. Un article scientifique fait en moyenne 10 à 15 pages, ce qui est trop peu pour développer une hypothèse générale, mais suffisant pour tester une hypothèse précise. Une hypothèse affinée permet de se rapprocher de l’hypothèse scientifique.

Exemple d’hypothèse affinée

Après plus de recherches sur le sujet, le chercheur apprend que le pain contient de l’amidon. Ce glucide est donc très certainement la cause du goût sucré. Or, quand il est utilisé pour la fabrication du pain, l’amidon est cuit. Il en déduit que c’est cette forme cuite qui donne le goût sucré au pain, notamment quand il est au contact de la salive.

L’hypothèse peut être précisée : “L’amidon cuit se transforme en sucre sous l’action de la salive”.

Etape 3 : conception de l’hypothèse testable

La dernière étape consiste à rendre l’hypothèse testable. Les déductions précédentes sont de simples hypothèses dont il est difficile d’imaginer la suite. Or, dans l’article scientifique (et surtout dans les sciences dures), elle doit pouvoir justifier les expériences qui la suivent.

L’hypothèse doit donner des informations sur la manière de concevoir l’expérience ou la recherche. Pour cela, il est possible de la décliner en plusieurs sous-hypothèses, afin de mettre en place plusieurs expérimentations.

Exemple d’hypothèse testable

Le chercheur entreprend de trouver un moyen pour tester son hypothèse. Il décide donc de formuler trois sous-hypothèses qui permettront d’obtenir des résultats :Rappel de l’hypothèse : “L’amidon cuit se transforme en sucre sous l’action de la salive”

Les sous hypothèses permettant de la rendre testable sont :

  1. Si l’amidon cuit se transforme, alors l’amidon cuit disparaît.
  2. Au contact de la salive, un sucre apparaît.
  3. L’agent de ces transformations est la salive.

Afin de tester ces trois sous-hypothèses, le chercheur entreprend quelques expériences.

Exemple

Il décide tout d’abord de mélanger de l’amidon cuit à de la salive dans un tube à essai pendant 20 min à 37°C :

– L’eau iodée change de couleur et devient bleue en présence d’amidon. Le chercheur verse donc de l’eau iodée dans son tube à essai et le liquide ne se colore pas : la présence d’amidon est négative. L’amidon cuit a donc bel et bien disparu. (Hypothèse 1)
– Le test à la liqueur de Fehling permet de trouver la présence de glucose et de fructose (sucre). Sur le même tube à essai contenant de l’amidon cuit et de la salive, le résultat est positif : du sucre est donc présent. (Hypothèse 2)

Afin de préciser les expériences précédentes, il mélange de l’amidon cuit avec de l’eau (à la place de la salive) et effectue les mêmes tests :

– L’eau iodée devient bleue : il y a donc présence d’amidon cuit dans l’eau. Puisque l’expérience précédente montre qu’il disparaît au contact de la salive, la salive est l’agent de cette transformation. (Hypothèse 3)
– Le test à la liqueur de Fehling est négatif : l’amidon cuit mélangé à l’eau ne génère pas de sucre. Puisque l’expérience précédente montre une présence de sucre lorsque l’amidon cuit est mélangé à de la salive, la salive est l’agent de cette transformation. (Hypothèse 2 et 3)

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Comment formuler l’hypothèse d’un article scientifique ?

Afin de trouver la formulation idéale, il est important de conserver l’argument principal à l’esprit : le développement, les précisions et les hypothèses secondaires s’y rattachent toujours.

Dans l’hypothèse qui prendra idéalement la forme d’un court paragraphe, mieux vaut éviter la première personne (sauf s’il est question d’observation ou d’expérience personnelle). Tous les aspects de la problématique doivent être pris en compte et les éventuelles questions anticipées, au risque de susciter des remarques ou des critiques.

Exemple de formulation d’hypothèse

Voici un extrait de l’hypothèse d’un article scientifique. Rédigé à la première personne, cet extrait montre que l’auteur part d’une observation personnelle afin d’identifier le “narrateur” sur lequel il se questionne :« Après beaucoup d’années d’expérience, je me rends compte aujourd’hui que “le narrateur” était en effet le même : le traumatisme. En tous ces parents, et en beaucoup d’autres avec qui j’ai été en contact, ce qui était toujours présent et réel de leur expérience parentale était seulement le souvenir traumatique. Il m’a fallu des années de travail et de réflexion scientifique sous différents angles conceptuels pour comprendre qu’il fallait prendre en compte la dimension et les effets de ce traumatisme pour être proche de ce que les parents pouvaient “voir” de leur propre situation et de leur propre enfant. »

Grasso, Francesco. « Effets post-traumatiques du handicap sur le système perceptif et sur le psychisme des parents. Analyse et nouvelle proposition d’accompagnement des parentalités difficiles », La psychiatrie de l’enfant, vol. 55, no. 2, 2012, pp. 397-484.

L’importance de l’hypothèse scientifique dans un article

Dans la majeure partie des cas, l’hypothèse de recherche est placée dans l’introduction. Cela permet de la relier avec la question de recherche à laquelle elle répond, elle aussi placée dans l’introduction. Cette position en début d’article est importante : elle permet à l’hypothèse de définir la direction du reste de l’article.

Exemple d’hypothèse rédigée dans une introduction

Reprenons notre exemple issu de l’article « Effets post-traumatiques du handicap sur le système perceptif et sur le psychisme des parents. Analyse et nouvelle proposition d’accompagnement des parentalités difficiles » :

Un souvenir de mes premières années de travail dans le domaine du handicap me reste fortement vivant : ce sont les propos des parents d’enfants atteints de handicap dans la salle d’attente de l’institut de rééducation où je travaillais à l’époque. Ces discussions entre parents, même si elles étaient différentes entre eux dans les détails, se ressemblaient beaucoup et se répétaient dans le temps toujours de la même façon. Les parents racontaient les faits autour de la naissance de leurs enfants, les angoisses qui avaient suivi l’annonce du handicap et leurs conjectures sur ce que n’avait pas marché : à qui revenait la faute (à la mère, au père, à la famille maternelle ou paternelle, aux médecins, etc.) ?

La structure narrative de tous ces discours comme les contenus étaient presque les mêmes ; comme si parlait un seul narrateur qui changeait à chaque fois les noms, les temps, les lieux et les circonstances du même récit. Après beaucoup d’années d’expérience, je me rends compte aujourd’hui que « le narrateur » était en effet le même : le traumatisme. En tous ces parents, et en beaucoup d’autres avec qui j’ai été en contact, ce qui était toujours présent et réel de leur expérience parentale était seulement le souvenir traumatique. Il m’a fallu des années de travail et de réflexion scientifique sous différents angles conceptuels pour comprendre qu’il fallait prendre en compte la dimension et les effets de ce traumatisme pour être proche de ce que les parents pouvaient « voir » de leur propre situation et de leur propre enfant.

Cet article, dans sa première partie, parle du traumatisme de la naissance, de l’annonce et/ou de la découverte du handicap de son propre enfant ; des effets post-traumatiques chroniques chez les parents : le bouleversement de la façon de voir les choses, d’éprouver des émotions, d’entretenir la relation et de donner du sens et une signification à ses propres expériences de parentalité. Ensuite, l’article compare les études et les recherches sur le Syndrome de stress post-traumatique : les altérations perceptives et cognitives ; la gestion des émotions et la symbolisation des événements traumatiques dans les réponses parentales face au handicap de leur enfant. De ce rapprochement découlent de très fortes ressemblances qui sont analysées soit du côté théorique, soit du côté clinique. Elles concernent surtout d’importantes altérations du fonctionnement de l’appareil psychique, et spécialement : 1) l’incapacité de beaucoup de parents à extraire du sens (affectif et émotionnel) du flux d’informations sensorielles qui arrivent de la réalité extérieure et 2) la très forte perturbation à dynamiser psychiquement la signification des expériences, même banales, de la parentalité.

Dans la deuxième partie de l’article, des vignettes cliniques aident le lecteur à focaliser les aspects cliniques des altérations traumatiques décrites dans la première partie, ainsi que les aspects de l’intervention thérapeutique. Enfin, nous esquisserons les présupposés pour une nouvelle clinique du handicap nommée l’accompagnement des parentalités difficiles, qui s’appuie justement sur la possibilité d’intégration perceptive des différentes visions de l’enfant chez le parent et chez les professionnels qui fournissent les soins au sujet handicapé (soins médicaux, rééducation spécialisée, éducation scolaire, intégration et inclusion sociale) et sur le soutien psychothérapeutique précoce et durable à la parentalité. Cet accompagnement, au même titre que les soins médicaux, peut faciliter l’évolution clinique de l’enfant et son intégration dans le tissu familial et social, et surtout peut assurer une bonne sauvegarde de la santé psychique des parents.

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Chloé Leterme

Chloé est rédactrice pour la partie “articles scientifiques” de Scribbr. Encore étudiante en lettres modernes il y a peu, elle partage ses connaissances du monde universitaire avec pédagogie afin d’aider au mieux les étudiants et doctorants.

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