Collecte de données : caractéristiques, techniques et exemples

De nombreux étudiants ont besoin de collecter des données pour construire la partie empirique de leur mémoire ou de leur thèse. C’est la partie la plus importante de l’étude !

Les données collectées permettent, après leur exploitation, d’apporter des réponses à l’enquêteur au niveau de sa problématique et de ses hypothèses.

L’article suivant présente la méthodologie à suivre pour collecter et exploiter des données informatives dans le cadre d’un travail académique.

Collecte de données : définition générale

La collecte de données est une phase primordiale d’une étude empirique ou d’un travail de recherche durant laquelle l’étudiant récolte des informations qui seront analysées pour confirmer (ou non) des hypothèses de départ, et répondre à une problématique.

La collecte de données peut s’effectuer à l’aide de plusieurs techniques et aide le chercheur à comprendre le phénomène, le fait, ou le sujet qu’il étudie.

“La collecte de données est une phase de la recherche scientifique pour laquelle le chercheur doit définir la technique et/ou les outils qui seront utilisés principalement dans les recherches empiriques. Ils constituent des moyens de comprendre la perception et chercher des informations contenues dans le discours des sujets de recherche.” (Spagnol et al., 2016)

Dans un mémoire ou une thèse

Dans un mémoire ou une thèse, la collecte de données permet à l’étudiant d’apporter une réponse personnelle et illustrée à ses hypothèses de départ.

Lors de cette étape, l’étudiant montre sa capacité à mettre en place des techniques d’enquête qui lui permettent de collecter des données pertinentes.

C’est justement la pertinence des données récoltées et leur bonne interprétation lors de l’analyse puis de la conclusion, qui apportera des réponses face au phénomène étudié.

Collecte de données : comment s’y prendre ?

Pour collecter des données dans une étude empirique, il existe deux types d’études :

  1. L’étude qualitative.
  2. L’étude quantitative.

En fonction de son sujet, l’étudiant doit se demander : “Quel type d’étude me permettrait de collecter les données les plus pertinentes, afin de répondre à ma problématique et de tester mes hypothèses ?”.

Astuce : pour mener une étude empirique, vous pouvez avoir recours à plusieurs techniques à la fois. Par exemple, vous pouvez d’abord mener une observation pour faire émerger de nouvelles hypothèses ou des pistes de travail qui vous pousseront à réaliser un entretien avec un professionnel pour comprendre le phénomène étudié dans son ensemble.

1. Collecter des données dans une étude qualitative

Grâce à plusieurs techniques d’enquête, l’étude qualitative permet de collecter des données informatives.

Directif, semi-directif, ou libre : les différents types d’entretiens permettent de récolter des informations à travers une discussion avec une ou plusieurs personnes.

La technique de l’entretien est très utile dans la collecte de données informatives sur des sujets très précis. Il s’agit surtout de s’entretenir avec des personnes qui ont une expertise ou une expérience particulière sur votre sujet.

Exemple

Pour un mémoire sur la digitalisation du secteur des assurances, l’étudiant a tout intérêt d’utiliser la technique de l’entretien pour interroger un expert et collecter des données informatives pertinentes. Récolter des informations sur ce sujet en proposant un questionnaire à ses proches serait inutile. Les personnes profanes dans ce domaine n’apporteraient aucune information pertinente pour le chercheur.

Que l’observation soit participante, non participante, structurée ou non structurée, elle permet de collecter des données intéressantes.

La technique de l’observation s’avère utile quand le chercheur étudie un phénomène, un sujet, réel, qui est observable.

Exemple

L’observation serait peu utile dans le cadre du mémoire sur la digitalisation du secteur des assurances (le fait de pouvoir souscrire à des assurances depuis son smartphone est un phénomène difficilement observable concrètement).
En revanche, l’observation pourrait être utile dans un mémoire qui étudie les conditions de travail de cheminots. L’enquêteur pourrait dans ce cas, observer longuement des cheminots au travail pour récolter des données informatives qui lui permettront de connaître les conditions de travail de ces travailleurs.

Aussi appelé “groupe de discussion”, le focus group (qu’il soit homogène ou hétérogène) permet au chercheur de faire interagir plusieurs personnes, afin de collecter des informations en faisant émerger diverses opinions grâce aux débats.

À l’instar de l’entretien ou de l’observation, le focus group permet de collecter des données émanant de plusieurs personnes, parfois en désaccords.

Le focus group peut être utile lorsque le sujet et son interprétation dépendent de la situation sociale d’un groupe de personnes, ou s’il s’agit d’un sujet de société.

Exemple

Le focus group peut être utile pour connaître la difficulté du métier de femmes de ménage. Il s’agirait d’un focus group homogène composé de professionnels du secteur et de personnes qui les engagent.

2. Collecter des données dans une étude quantitative

L’étude quantitative permet aussi de collecter des données informatives à travers deux techniques d’enquête.

L’étudiant peut avoir recours au questionnaire s’il veut interroger un grand nombre de personnes. Avec un échantillon représentatif de la population ciblée par son sujet, le chercheur peut collecter des données statistiques qui lui fourniront des informations après analyse.

Ces informations doivent l’aider à dresser un ou plusieurs constats qui répondent à sa problématique et ses hypothèses de départ.

Exemple

Pour un mémoire portant sur la place de la religion dans la société, l’étudiant peut établir un questionnaire, afin d’obtenir des données statistiques. Il lui permettra de récolter des informations sur la part de la population française qui pratique toujours une religion par exemple.

Le sondage permet à l’étudiant de poser une grande question générale à un échantillon représentatif de personnes.

Cette technique est utile pour questionner une population autour d’une grande question. La collecte d’une opinion d’individus autour d’une question centrale peut permettre d’expliquer une situation, un phénomène, ou un fait.

Exemple

Un sondage sur l’équité du système de retraite auprès des citoyens permettrait de connaître l’avis général de la population sur le système actuel.

Tableau récapitulatif

Le tableau suivant résume les 5 techniques principales pour collecter des données dans une étude empirique.

Type d’étudeTechniqueAvantage dans la collecte de données
Étude qualitativeEntretienL’entretien permet de collecter des données précises auprès d’un expert sur un sujet très technique.
Étude qualitativeObservationL’observation est utile pour analyser un phénomène réel, comme des conditions de travail, un conflit social, une situation politique ou pour faire une étude sociologique.
Étude qualitativeFocus groupLe focus group s’avère efficace quand il s’agit de collecter des données pour comprendre un phénomène touchant un groupe de personnes ou sur un sujet de société où chacun peut donner son avis.
Étude quantitativeQuestionnaireLe questionnaire permet d’interroger un ensemble de citoyens, afin de collecter diverses informations exploitables statistiquement pour avoir des informations sur un sujet donné.
Étude quantitativeSondageLe sondage collecte des données autour d’une question générale. Cette technique permet de connaître une opinion générale sur un sujet donné.
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Collecte de données : comment exploiter les données ?

Après avoir mené son enquête grâce à l’aide d’une des 5 techniques principales citées ci-dessus, l’étudiant doit exploiter les données récoltées pour préparer la conclusion de son étude empirique.

Les données d’une étude qualitative, obtenues grâce à l’entretien, l’observation, ou le focus group, sont à exploiter à travers une analyse écrite.

Cette analyse se fonde sur les notes écrites prises par l’enquêteur, ainsi que sur son travail de retranscription qui doit lui permettre de faire émerger certains éléments.

Les arguments de sa conclusion se construisent donc à travers l’analyse des paroles collectées.

Les données collectées à travers une étude quantitative sont exploitables sous forme de statistiques.

La forme de présentation peut se faire sous forme d’un tableau statistique ou d’un graphique reprenant les chiffres de l’étude.

Ces données statistiques représentent la conclusion de l’étude empirique. Plus l’échantillon interrogé est représentatif, plus les résultats seront pertinents et scientifiques.

L’enquêteur peut produire une analyse écrite pour discuter des enseignements tirés grâce aux données statistiques obtenus.

Exemples complets d’une collecte de données

Cette partie a pour but de donner un exemple de collecte de données à travers une technique de l’étude qualitative et une technique de l’étude quantitative.

Sujet du mémoire : la digitalisation du secteur des assurances.

Problématique : sur le marché très concurrentiel des assurances, en quoi la digitalisation s’impose-t-elle ?

Hypothèses :

  • Le secteur de l’assurance n’est pas épargné par la digitalisation de la société : les entreprises doivent évoluer si elles veulent perdurer.
  • Les assurances doivent proposer des offres digitales pour faciliter la vie des sociétaires (comme obtenir un document à toute heure directement sur une application).
  • Les assurances “en ligne” séduisent de plus en plus de personnes, notamment les jeunes générations, ce qui nous laisse penser qu’elles sont l’avenir de la profession.
  • Les assurances devraient-elles au contraire garder un maximum un rapport humain entre elle et ses clients ?
  • L’assurance doit trouver le bon équilibre entre relations client direct et digitalisation de son activité, mais ne peut pas l’éviter.

Collecte de données : pour obtenir des informations sur ce sujet très technique, nous choisissons d’utiliser la technique de l’entretien semi-directif et interrogeons un professionnel de l’assurance spécialisée dans la digitalisation du secteur. Notre échantillon sera donc réduit à une seule personne. Les questions sont préparées dans un guide d’entretien qui permet à l’enquêteur de poser de nouvelles questions si besoin.

QuestionsRéponses
En quoi le secteur de l’assurance est-il en pleine mutation ?
La digitalisation du métier est-elle un impératif pour la profession ? Pourquoi ?
Face à ce type d’activité, doit-on néanmoins garder une part “d’humain” ?
Le modèle d’une assurance uniquement “digitalisée”, comme certaines banques, peut-il durer ?
Une assurance sans contact humain c’est donc possible/impossible ?

Exploitation des données : grâce à l’enregistrement audio de l’entretien, il est possible de retranscrire l’entretien. Cette étape est fastidieuse, mais elle permet de soulever certains éléments de réponse que la simple prise de notes durant l’entretien n’a pas permit de révéler.

QuestionsRéponses (établies grâce à la prise de notes pendant l’entretien et la retranscription)
En quoi le secteur de l’assurance est-il en pleine mutation ?Le secteur de l’assurance est en effet en pleine mutation. Si elle veut perdurer, toute entreprise du secteur doit proposer une offre digitale totale, ou en complément d’une offre dite “humaine”. C’est une facilité offerte aux clients : si un père de famille a besoin d’un certificat de scolarité un dimanche soir pour l’un de ses enfants, il peut l’obtenir immédiatement en se connectant à son application. Avant il aurait dû attendre l’ouverture de l’agence.
La digitalisation du métier est-elle un impératif pour la profession ? Pourquoi ?Si elle n’est pas un impératif dans la forme “100 % digitale”, une digitalisation au moins partielle de l’activité est néanmoins vivement conseillée.
Nouvelle question pour rebondir : mais justement, une assurance de niche pas du tout digitalisé, pour des personnes plus âgées, est-ce envisageable ?À court terme, oui. Il existe encore des générations qui ne se servent pas du tout d’Internet et des nouvelles technologies. Cette offre d’assurance peut même leur faciliter la vie, mais sur le long terme, ce modèle d’assurance a vocation à disparaître.
Face à ce type d’activité, doit-on néanmoins garder une part “d’humain” ?De ce fait oui, pour l’heure, le modèle d’assurance “physique” est encore un modèle viable. D’une part pour accompagner les plus vieilles générations, mais également pour apporter un soutien dans un secteur d’activité qui est habitué à être sollicité pour des événements parfois dramatiques (accidents, incendies, …).
De ce fait, le modèle d’une assurance uniquement “digitalisée”, comme certaines banques, peut-il exister ?Pour ce que j’appellerais les “petites tâches”, oui. Pour délivrer un certificat, déclarer quelque chose, ou renouveler un contrat, la technologie permet de déléguer ces tâches à des robots qui vont vous permettre de le réaliser seul sur votre ordinateur ou votre application, au moment où ça vous arrange, sans horaires d’ouverture ni de fermeture.

Pour ce qui est des dossiers dramatiques, un robot ne pourra jamais d’accompagner des clients dans un deuil ou un drame matériel. Si la technologie est utile pour prendre en charge plus rapidement un dossier, le contact humain ne peut pas s’effacer complètement.

Une assurance sans contact humain est donc impossible ?Impossible, je ne sais pas, en tout cas elle est fortement déconseillée. Le secteur de l’assurance se trouve ainsi : si elle ne prend pas part à la digitalisation de son métier, elle est vouée à l’échec. Si elle passe trop son activité au digital, elle est également vouée à l’échec. Il faut trouver le juste milieu entre outils digitaux et accompagnement humain.

Conclusion : à partir des explications données, il est possible de construire une conclusion argumentée sous forme de synthèse.

« Le secteur de l’assurance est à un tournant. Celle-ci doit à tout prix prendre le virage de la digitalisation pour perdurer, car la technologie permet de faciliter la vie de clients qui n’ont pas le temps de se déplacer en agence pour de simples services. En déléguant les petites tâches à des robots, les professionnels de l’assurance sont davantage disponibles pour répondre aux dossiers les plus importants. Face à la gravité de certains cas, le monde de l’assurance aurait probablement tort de se priver d’un contact humain avec ses sociétaires. L’accompagnement resterait ainsi, même à l’heure de la digitalisation, une obligation pour les entreprises d’assurance. »

Ouverture : si la digitalisation de son activité permet aux entreprises d’assurance de déléguer certaines tâches, on peut se demander si cela ne va pas entraîner des licenciements !

Sujet du mémoire : le système de la Vème République française.

Problématique : les réformes constitutionnelles vont-elles sauver la Vème République, ou se dirige-t-on vers un nouveau système politique ?

Hypothèses :

  • Le régime de la Vème République accorde une place trop importante au président de la République.
  • À cause des élections législatives qui arrivent quelques semaines après l’élection présidentielle, le Président est conforté avec l’élection d’une majorité de députés de son camp élu. Le Parlement devient donc une instance qui vote toutes les mesures du Président. Son rôle s’en trouve donc affaibli.
  • Pour un modèle plus démocratique, le parlement devrait avoir une place plus importante dans le régime politique français.
  • Avoir un parlement fort, c’est aussi le risque de bloquer le pays et toutes les initiatives du gouvernement en place.
  • Le sénat, qui occupe un rôle consultatif, n’a plus son utilité en France.
  • Au contraire, le sénat offre un système en “bicamérisme” (deux chambres : le Parlement et le sénat) qui permet d’avoir un modèle plus démocratique.

Collecte des données : pour obtenir des informations sur ce sujet sociétal qui nous concerne tous, il peut être utile d’avoir recours au questionnaire pour collecter des données pertinentes. Pour réaliser un questionnaire il faut réaliser un échantillonnage large, représentatif de la population étudiée, ici : la population française en âge de voter. Notre questionnaire est envoyé directement par e-mail aux participants.

Conseil : pour les questions trop techniques, il est important d’ajouter la réponse “NSP” (ne se prononce pas). Cela évitera d’avoir des résultats faussés par des personnes qui auraient répondu au hasard.

QuestionsRéponses
Comment caractérisez-vous le régime de la Vème République ?
  • Un régime sans défaut majeur
  • Un régime qui doit évoluer et être réformé
  • Un régime qui doit être remplacé par une VIème République
Pensez-vous qu’avec 577 députés, l’Assemblée nationale possède trop d’élus ?
  • Oui
  • Non
Les 348 sénateurs ont-ils selon vous une véritable utilité ?
  • Absolument
  • Probablement
  • Probablement pas
  • Absolument pas
Suite au passage au quinquennat par réforme constitutionnelle, la situation qui fait se succéder l’élection présidentielle et les élections législatives, vous semble-t-elle juste ?
  • Oui
  • Non
La Vème République vous semble-t-elle être un régime trop présidentiel ?
  • Oui
  • Non

Exploitation des données : pour une étude empirique mené grâce au questionnaire, les données collectées seront exploitées sous forme de données statistiques mises en valeur par un tableau statistique ou des graphiques.

QuestionsRéponses
Comment caractérisez-vous le régime de la Vème République ?
  • Un régime sans défaut majeur : 25 %
  • Un régime qui doit évoluer et être réformé : 59 %
  • Un régime qui doit être remplacé par une VIème République : 16 %
Pensez-vous qu’avec 577 députés, l’Assemblée nationale possède trop d’élus ?
  • Oui : 51 %
  • Non : 49 %
Les 348 sénateurs ont-ils selon vous une véritable utilité ?
  • Absolument : 13 %
  • Probablement : 22 %
  • Probablement pas : 39 %
  • Absolument pas : 18 %
  • NSP : 8 %
Suite au passage au quinquennat par réforme constitutionnelle, la situation qui fait se succéder l’élection présidentielle et les élections législatives, vous semble-t-elle juste ?
  • Oui : 32 %
  • Non : 61 %
  • NSP : 7 %
La Vème République vous semble-t-elle être un régime trop présidentiel ?
  • Oui : 57 %
  • Non : 38 %
  • NSP : 5 %

Exemple d’une exploitation de données par graphique :

Comment caractérisez-vous le régime de la Vème République ?

Les 348 sénateurs ont-ils selon vous une véritable utilité ?


Conclusion : face aux résultats statistiques exploités sous forme de tableau ou de graphiques, il est possible d’ajouter une conclusion écrite pour commenter ces chiffres.

« Selon le questionnaire de l’enquête mené auprès d’un échantillon représentatif de la population française, on constate qu’une majorité souhaite faire évoluer le régime politique actuel : soit en le modernisant à travers des réformes constitutionnelles (59 %), soit en changeant de régime politique (16 %).

Dans les évolutions souhaitées, si la question du nombre de députés divise la population en deux, le rôle des sénateurs semble plus problématique : selon 57 % des Français, ceux-ci n’ont pas du tout, ou pas forcément, une véritable utilité.

Le questionnaire nous apprend également que pour une majorité de Français (57 %), le régime de la Vème République serait un régime trop présidentiel. Cette opinion viserait ainsi à renforcer les pouvoirs du parlement à l’avenir. »

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Gaspard Claude

Gaspard est rédacteur pour la partie "méthodologie et recherche" de Scribbr. Il était étudiant en journalisme, puis en Sciences Politiques il y a peu. Il tente d’aider au mieux les étudiants à travers des articles pédagogiques utiles et clairs.

Un commentaire

Gaspard Claude
Gaspard Claude (Scribbr-team)
16 décembre 2019 à 10:23

J’espère que cet article vous a plu. N’hésitez pas à commenter si vous avez des questions :).

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