L’écriture inclusive en français

Nous expliquons ici en quoi consiste l’écriture inclusive et quels sont son intérêt, les raisons de sa création, et son utilisation, et vous indiquons quelles sont les établissements d’enseignement supérieur qui la conseillent.

Si vous souhaitez faire corriger et relire votre document par Scribbr en utilisant l’écriture inclusive, c’est possible ! Il vous faudra préciser les règles et le style que votre établissement vous engage à utiliser dans les informations supplémentaires pour votre correcteur.trice.

Qu’est-ce que l’écriture inclusive ?

L’« écriture inclusive » est une traduction de l’expression anglaise inclusive writing, une variante de l’inclusive language (« langue inclusive » ou « langage inclusif ») présente entre autres dans les milieux académiques de certains pays anglophones depuis au moins une dizaine d’années. L’inclusive language vise à inclure toutes les personnes pouvant ne pas se sentir représentées (en matière de sexe, d’ethnicité, de religion, etc.) par une désignation. Le gender-inclusive language, qui concerne plus particulièrement l’absence de représentation des différents genres (en l’occurrence du genre féminin) en est une spécificité (1). Ce qu’on appelle, depuis quelques années en France, l’« écriture inclusive » est en fait une écriture inclusive de genre, donc une écriture incluant, c’est-à-dire représentant, les différents genres.

C’est un style d’écriture qui vise ainsi à assurer une égalité de représentation entre les femmes et les hommes et qui est défendu depuis 2015 par le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCE). De plus en plus de médias utilisent différentes formes d’écriture inclusive (2). En mars 2017, les éditions Hatier ont publié un manuel scolaire pour les classes de CE2 en employant cette nouvelle forme d’écriture (3).

Pourquoi créer une nouvelle forme d’écriture ?

Jusqu’au XVIIe siècle, les règles les plus suivies en français en matière d’accord sont celles de la majorité (ex : « trois femmes et un homme sont arrivées », « trois hommes et une femme sont arrivés ») et de la proximité (ex : « des hommes et des femmes sont arrivées », « des femmes et des hommes sont arrivés »), qu’utilisaient notamment les écrivains Ronsard ou Racine :

« Surtout j’ai cru devoir aux larmes aux prières
Consacrer ces trois jours et ces trois nuits entières »
Jean RACINE, 1691, Athalie, acte I, scène 2

Alors que cette règle de la proximité existe également dans d’autres langues romanes, comme en portugais ou en espagnol, il est décidé au XVIIe siècle qu’une forme dite « neutre » sera employée en français. Mais, contrairement à l’allemand ou à l’anglais par exemple, il n’existe pas de genre neutre en français. Sous l’impulsion d’écrivains et de grammairiens comme Vaugelas, Dupleix, ou Beauzée qui explique que « le genre masculin est réputé plus noble que le féminin, à cause de la supériorité du mâle sur la femelle [sic] » (4), l’Académie française décide que c’est donc le masculin qui aura désormais un usage générique. Elle décrète alors que « le masculin l’emporte sur le féminin », règle qui a à cette époque du mal à s’imposer – de nombreux·ses auteur·e·s se refusant à la suivre pendant longtemps (5) – mais qui fait aujourd’hui tellement autorité qu’on en oublie non seulement qu’elle est récente mais surtout qu’elle n’a en réalité aucune explication linguistique.

La réflexion actuelle sur de nouvelles formes d’écriture provient d’une remise en cause de la règle du masculin générique, qui ne relève pas d’un fonctionnement langagier spontané ou naturel, mais est le résultat d’une construction historique, politique et sociale. Le langage et la langue étant des constructions sociales, non seulement ils reflètent la société et les rapports de force (ainsi, dire systématiquement « un chirurgien » et « une infirmière » révèle par exemple quels rôles sont attribués aux hommes et aux femmes dans la société), mais également ils influent sur la manière dont on se représente la société (parler couramment des « chirurgiennes » et des « infirmiers » véhicule l’idée qu’il est normal que des femmes soient chirurgiennes et que des hommes soient infirmiers). L’objectif de l’utilisation de l’écriture inclusive est de faire en sorte que la moitié de la population ne soit plus invisibilisée. Cela permet de représenter de manière égalitaire les deux genres quand on évoque une profession ou une catégorie de personnes ; par exemple, parler des « agriculteurs » fait oublier que des femmes aussi font ce métier, alors que parler des « agriculteurs et agricultrices » rappelle qu’hommes et femmes peuvent exercer cette profession.
Pour cela, il y a deux possibilités :

  • neutraliser l’opposition masculin/féminin, comme cela a été récemment proposé en Argentine, par l’utilisation du « e » final qui évite de choisir entre le « a », marqueur du féminin, et le « o », marqueur du masculin :

    exemple : « todes les diputades » est employé par certaines personnes pour désigner « tous les députés et toutes les députées » ;

  • marquer les deux genres, comme le propose l’écriture inclusive.

C’est cette deuxième possibilité qui est suivie actuellement en France. Mais l’orthographe est une construction dynamique, qui évolue sans cesse en suivant les usages de la population ; on peut donc imaginer que d’autres formes verront le jour, dont certaines feront débat et d’autres seront adoptées.

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Comment utiliser l’écriture inclusive ?

L’écriture inclusive n’étant pas codifiée, il n’existe pas de règles à proprement parler. On observe certains usages ; certaines formes sont recommandées car elles présentent des avantages alors que d’autres sont déconseillées car elles présentent des inconvénients.

Il existe plusieurs guides, auxquels il est possible de se référer pour juger des formes qui paraissent les plus pertinentes, dont :

  • le guide pratique Pour une communication publique sans stéréotype de sexe (6) réalisé par le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes ;
  • le manuel d’écriture inclusive réalisé par Mots-Clés (7), notamment recommandé par le secrétariat d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations et par l’université Toulouse III Paul Sabatier (8).

Concernant les usages lexicaux, il est notamment recommandé :

  • d’éviter d’employer les mots « homme » et « femme » et de préférer des termes plus universels.

    exemple : « droits humains » plutôt que « droits de l’Homme » ;

  • d’employer des termes génériques évitant la distinction entre masculin et féminin.

    exemple : « la direction » plutôt que « les directeurs et les directrices » ;

  • d’accorder en genre les noms de fonctions, grades, métiers et titres.

    exemples : « une chercheure » ou « une chercheuse », « une ministre », « la présidente ».

Concernant les usages syntaxiques, il est possible :

  • de suivre les règles de majorité (ex : « trois femmes et un homme sont arrivées ») ou de proximité (ex : « des hommes et des femmes sont arrivées ») évoquées plus haut, mais celles-ci restent rares et peuvent laisser penser qu’il s’agit d’une erreur ;
  • de veiller à mentionner dans l’ordre alphabétique les termes au féminin et au masculin (pour éviter toute préférence) ;

    exemples : « celles et ceux », « elles et ils », « les Français et les Françaises », « les étudiantes et étudiants », « les agriculteurs et agricultrices » ;

  • d’utiliser de nouveaux pronoms, neutres en genre :

    Exemples : « iels » (« elles/ils »), « toustes » (« tous/toutes »), « ceulles » ou « celleux » (« celles/ceux »), ou « elleux » (« elles/eux »).

Concernant les usages typographiques, il est possible d’exprimer en un seul mot à la fois le genre masculin et le genre féminin, notamment en employant :

  • les parenthèses : utilisées depuis longtemps mais non recommandées car signifient que le féminin peut être simplement mis entre parenthèses, et n’est donc qu’une option supprimable par rapport au masculin, le genre par défaut :

    exemples : « musicien(ne) », « étudiant(e)s ».

  • le « E » majuscule : utile pour mettre en évidence la féminisation, mais déconseillé car ne met pas les deux genres sur le même plan ni ne peut être utilisé en lettres capitales :

    exemples : « motivéEs », « enseignantE » ;

  • la barre oblique : intéressante car indique l’alternative entre les deux genres sans préférence pour l’un, mais connote une division, une opposition :

    exemples : « étudiant/es », « chirurgien/ne » ;

  • le point : souvent utilisé car présent sur tous les claviers, mais pouvant être confondu avec le point final de la phrase :

    exemples : « technicien.ne », « arrivé.e.s » ;

  • le trait d’union : intéressant dans sa forme mais déconseillé car son usage est déjà fixé :

    exemples : « italien-ne-s », « employé-e » ;

le point médian (9) : le plus fortement recommandé car il met les deux genres sur le même plan et n’a pas d’autre usage actuellement (il était autrefois employé entre les mots et a été progressivement remplacé par l’espace typographique à partir de l’Antiquité) :

exemples : « gentil·le », « acteur·rice·s ».

Afin d’éviter la répétition du point médian au pluriel, il est possible de n’utiliser celui-ci qu’une seule fois (ex : « les électeur·rices ») ; mais cela peut donner l’impression que la marque du pluriel ne porte que sur le genre féminin.

On peut ainsi écrire, par exemple, « Iels sont toustes candidat·es pour être Président·es de la République », ou « Ils/Elles sont tou·te·s candidat·e·s à la Présidence de la République ».

Dans les cas où le marqueur du féminin correspond à un suffixe ajouté au marqueur du masculin, la forme masculine ne peut que précéder graphiquement la forme féminine (ex : « auteur·e », « chercheur·e »). Mais dans les cas où les marqueurs de genre sont indépendants, s’il est certes recommandé comme indiqué plus haut de privilégier l’ordre alphabétique (ex : « auteur·trice », « agriculteur·trice·s »), il est également possible de faire précéder la forme féminine (ex : « les correctrices·teurs de Scribbr »), rompant ainsi avec la représentation largement répandue du masculin comme genre par défaut.

Le logiciel de traitement de texte Microsoft Word, dans ses versions 2016 et 2019, propose une extension facilitant la pratique de l’écriture inclusive (10). Celle-ci permet entre autres d’utiliser automatiquement le point médian, de choisir de respecter les règles d’accord de proximité ou de majorité, ainsi que d’employer les nouveaux pronoms neutres en genre (11).

Quels établissements d’enseignement supérieur préconisent l’écriture inclusive ?

Certains établissements d’enseignement supérieur utilisent l’écriture inclusive de manière officielle et la préconisent. Les institutions suivantes, notamment, y sont favorables (12) :

  • le Conservatoire national des arts et métiers (Cnam) ;
  • l’École nationale d’administration (ENA) ;
  • l’École normale supérieure (ENS) de Rennes ;
  • Science Po Toulouse ;
  • l’université Côte d’Azur, dont l’université de Nice-Sophia-Antipolis ;
  • l’université Paris-Est-Créteil-Val-de-Marne (Upec) ;
  • l’université Paris Nanterre ;
  • l’université Toulouse II Jean-Jaurès ;
  • l’université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines.

Dans la majorité des universités, cela dépend tout simplement des départements et des personnes. Mais de manière générale, aucun jury en sciences humaines et sociales, notamment, ne pourra légitimement refuser l’usage de l’écriture inclusive par ses étudiantes et étudiants.

Notez enfin que si vous proposez des articles à des revues scientifiques, vous devez au préalable vous référer aux consignes aux auteurs·e·s formulées sur le site de chaque revue. Si toutes ne se prononcent pas sur la question, certaines d’entre elles préconisent d’utiliser des techniques d’écriture inclusive, indiquant parfois des préférences pour l’usage du point médian ou, à l’inverse, pour la forme développée du féminin et du masculin, dans l’ordre alphabétique ou au contraire en variant l’ordre au fil du texte, d’autres fois encore en accordant les adjectifs selon la règle de la proximité (13).

    Pourquoi l’écriture inclusive fait-elle débat ?

    L’Académie française, qui n’a pas autorité pour interdire une quelconque pratique langagière, et dont le rôle n’est pas de formuler des règles mais de prendre acte de l’évolution des usages, a déclaré que l’écriture inclusive était « un péril mortel pour notre langue » (14). Les opposant·e·s à ce style d’écriture affirment qu’il s’agit d’une atteinte à la qualité de la langue de Molière. Or, comme l’explique notamment la sociolinguiste Maria Candea (15), non seulement nous ne parlons plus, depuis bien longtemps, la « langue de Molière » (dont les textes doivent aujourd’hui être traduits pour que nous les comprenions), mais surtout, il est normal que les usages et les formes évoluent. Tout comme les emprunts aux autres langues, la création et l’évolution des formes (comme l’écriture inclusive) ne représentent pas un danger pour la langue, mais sont au contraire un signe de dynamisme, car les langues figées sont des langues mortes. Le français n’est pas une langue en danger, mais un ensemble de pratiques socialement codifiées, qui évoluent depuis des siècles.

    Certain·e·s opposant·e·s, enfin, jugent les phrases produites inesthétiques, trop difficiles à lire et manquant de fluidité. Or, l’écriture inclusive est en fait simplement la représentation écrite des formes orales « les étudiantes et les étudiants » (« les étudiant·e·s ») ou « les Françaises et les Français » (« les Français·es »), par exemple, mais d’une manière plus économe en espace et en temps d’écriture.

    Si chacun·e est libre de l’utiliser ou non, cette pratique a dans tous les cas le mérite de susciter réflexion et enthousiasme pour les formes langagières et de montrer que la langue est loin d’être figée et évolue avec la société.

    ______

    [1] MANESSE D. & SIOUFFI G. (dir.), 2019, Le féminin et le masculin dans la langue. L’écriture inclusive en questions, Paris, ESF sciences humaines, p. 7

    [2] KIEFFER A., 22/12/2017, Écriture inclusive : un point ce n’est pas tout, France Culture,
    https://www.franceculture.fr/emissions/le-magazine-de-la-redaction/ecriture-inclusive-un-point-ce-nest-pas-tout

    [3] La forme graphique employée dans le manuel Questionner le monde CE2 utilise le point (ex : « Les agriculteur.rice.s au fil du temps », p 36).

    [4] BEAUZÉE N., 1767, Grammaire générale ou Exposition raisonnée des éléments nécessaires du langage : pour servir de fondement à l’étude de toutes les langues, livre III, t. II, Paris, Barbou, p. 358

    [5] CANDEA M., « Le langage est politique », entretien dans Ballast, 8 septembre 2017, https://www.revue-ballast.fr/maria-candea-langage-politique/

    [6] Disponible sur http://www.haut-conseil-egalite.gouv.fr/IMG/pdf/guide_pour_une_communication_publique_sans_stereotype_de_sexe_vf_2016_11_02.compressed.pdf

    [7] Disponible sur https://static1.squarespace.com/static/57eebd6fd1758e5ea8ef55ec/t/5c920c98f9619a6baf3fc9da/1553075356652/19.03.20+-+Manuel+d%27%C3%A9criture+inclusive+-+Version+stabilis%C3%A9e+mars+2019.pdf

    [8] http://www.univ-tlse3.fr/medias/fichier/manuel-decriture_1482308453426-pdf

    [9] Pour obtenir le point médian sur son clavier, il faut utiliser les combinaisons suivantes :
    – sur Mac : « alt + maj + f » ;
    – sur Windows : « alt + 0183 (pavé numérique) » ;
    – sur Linux : « altgr + . », « altgr + : », « altgr + maj + . », « altgr + maj + ; », « altgr + maj + 1 », « maj + * » ou « altgr + * », selon la disposition du clavier.
    Il est probable que les différents systèmes d’exploitation et logiciels de traitement de texte proposent prochainement des procédés plus simples.

    [10] « Si vous avez choisi l’option grammaire & affinement, d’autres options non grammaticales sont sélectionnées, y compris les sélections […] de langage inclusive [sic] » (Paramètres de grammaire, Microsoft Office,
    https://support.office.com/fr-fr/article/Param%C3%A8tres-de-grammaire-235d8793-4d77-4fd9-bb1c-ce0324411a7f)

    [11] Ana Crds (28 avril 2019), Extension écriture inclusive Word 2019, [YouTube] https://www.youtube.com/watch?v=cEIPJg3Ff_s

    [12]Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (24 septembre 2019), Liste des signataires de la Convention d’engagement pour une communication publique sans stéréotype de sexe, http://www.haut-conseil-egalite.gouv.fr/stereotypes-et-roles-sociaux/actualites/article/liste-des-signataires-de-la-convention-d-engagement-pour-une-communication

    [13]Sociologie du travail, Écriture inclusive, Consignes aux auteurs et autrices sur l’usage de l’écriture inclusive et la féminisation des noms de fonction, https://journals.openedition.org/sdt/25611

    [14] Déclaration de l’Académie française sur l’écriture dite « inclusive » adoptée à l’unanimité de ses membres dans la séance du jeudi 26 octobre 2017

    [14] CANDEA M., « Le langage est politique », op. cit.

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    Caroline Panis

    Caroline est sociolinguiste et partage son temps entre ses activités de correctrice et ses activités de chercheure (enquêtes de terrain, publications de travaux scientifiques, conférences, enseignements universitaires).

    17 commentaires

    nasro khanouch
    27 mars 2020 à 13:45

    Bonjour.

    Je crois que l'écriture inclusive est un stade langagier qui s'impose, elle est le marqueur d'un dynamisme qui s'inscrit dans la continuité, j'estime que pour enrichir une langue il faut des ajouts, puisque une langue vivante suppose ou propose des pistes de reflexions.

    Cela dit que je suis favorable à l'écriture inclusive.

    Quant aux spécificités morphologiques, il sied de créer des mots neutre (qui sont d'ailleurs porteurs de sens) puisque les points avec des lettres détachées est un peu lourd s'agissant d'un cumul.

    Sinon, je vous salue pour votre grand travail salutaire.

    Mes amitiés.

    Répondre

    Caroline Panis
    Caroline Panis (Scribbr-team)
    27 mars 2020 à 14:46

    Bonjour Nasro Khanouch,
    Merci beaucoup pour ce soutien.
    Je partage votre avis. L'ajout du point peut être complexe. Heureusement, il s'agit d'une proposition actuelle, qui sera assurément complétée ou remplacée au fil du temps. Tout cela est très dynamique, et les usages évoluent rapidement, donc on peut tout à fait espérer des évolutions favorables !
    Bien à vous,
    Caroline

    Répondre

    Lionel Charrier
    29 février 2020 à 11:58

    Il n'est pas facile de trouver les bonnes formules et il y a clairement un manque d'uniformisation de la manière d'écrire et un manque de lexique des noms de métiers ou de fonction au féminin et au masculin.
    Il est, pour moi, évident que le choix actuel du "masculin l'emporte sur le féminin" est anachronique et qu'une nouvelle forme doit être trouvée.
    L'idéal serait des termes neutre de métiers, fonctions, etc ainsi que la suppression des accords de participes passées et d'adjectifs. Cela présenterait l'avantage de représenter l'humanité dans sa diversité.
    Hélas beaucoup de langues ont un masculin et un féminin, même l'anglais qui a pourtant un neutre.
    Dans tous ces débats, il faut aussi se mettre à la place des personnes qui veulent réviser leur textes afin de respecter le besoin de féminisation et d'égalité.
    Et là, il manque un consensus au niveau de la francophonie.
    Le Canada a abordé la question depuis plus de 40 ans. En 1970 déjà, les noms de métiers se déclinait au féminin et au masculin. On trouve sur le site du gouvernement canadien des guides pratiques qui ont cependant fait des choix.
    Personnellement je bute sur les accords et j'ai du mal à faire un choix entre la proximité, le systématique au masculin qui ne me semble pas préjudiciable dès lors que tous les noms sont neutres ou féminisés.
    Le manuel d'écriture inclusive de Mots-Clés ne se prononce pas précisément sur les accords (On garde les règles signifiant surement qu'il faut mettre le féminin et le masculin avec des points médians)
    Le gouvernement canada indique (texte copié) :
    1) Les adjectifs et les participes passés se mettent au masculin pluriel lorsqu’ils se rapportent à la fois au nom masculin et au nom féminin. Si les deux noms sont au singulier, l’accord peut se faire au masculin singulier si cela n’entraîne pas d’ambiguïté
    2) Certains (oops, d'autres aurait été mieux) proposent de faire l’accord avec le nom le plus rapproché; c’est donc dire que, dans certains cas, l’accord pourrait se faire au féminin pluriel. Ce type d’accord peut être considéré comme une survivance de la langue classique. Cependant, il est susceptible d’introduire une confusion là où l’adjectif ou le participe ne se rapporte qu’à un seul des noms. S’il y a danger d’ambiguïté, il vaut mieux éviter ce procédé.
    Je bute également sur les nom en eur/rice ier/ière et les exemples sont rarement produits. Aucun dans Mots-Clés. Quel serait le plus lisible Institu·teur·trice et le pluriel Institu·teur·s·trice·s ou faut-il pour ces cas écrire les deux genres en toutes lettres.

    Toute aide et référence serait bienvenue.

    Répondre

    Caroline Panis
    Caroline Panis (Scribbr-team)
    29 février 2020 à 13:47

    Cher Lionel,
    Vous décrivez parfaitement bien la complexité de la situation sociolangagière (puisque c'est vraiment de cela qu'il s'agit).
    Effectivement les accords de proximité et de majorité peuvent entraîner des ambigüités voire des contresens. Mais tout autant que le masculin dit « générique » en réalité – nous en avons simplement davantage l'habitude. Il ne semble pas y avoir de choix parfait, mais c'est finalement la réalité du langage : c'est un lieu de pouvoir et non de consensus, et la possibilité de l'ambigüité y est absolument inhérente – penser que l'on peut y échapper serait un leurre. On ne peut donc, en ayant conscience de cela, que tenter de limiter ces possibilités d'ambigüité…
    Vous avez raison, il y a peu d'exemples. Je pense que votre choix doit simplement dépendre du contexte et de vos objectifs (rapidité, précision, etc.). Je pense que j'aurais pour votre exemple tendance à écrire « instituteur·trice » ou « instituteur·rice » et simplement « institueurs·trices » ou « « instituteurs·rices » (plus exactement j'écrirais d'ailleurs « professeur·e·s des écoles » ;-D) et à parler des « instituteurs et institutrices ».
    Mais pour reprendre la forme que vous proposez (« Institu·teur·s·trice·s »), je pense qu'elle est un peu redondante (double présence du pluriel) et que vous pouvez choisir entre « institu·teurs·trices » et « institu·teur·trice·s ». Effectivement Mots-Clés ne propose pas cela ; d'ailleurs le collectif propose de ne pas utiliser le point médian avant la marque -s- du pluriel pour ne pas surcharger l'écriture – ce qui me semble légèrement incohérent du point de vue morphologique, le féminin étant la seule forme à supporter le pluriel… Et il propose encore moins de faire apparaître la flexion comme vous le faites (« institu·teurs·trices ») ; c'est effectivement plus complet, mais l'écriture devient presque un exercice de morphologie, qui nécessite alors une certaine technicité. Encore une fois, cela dépend de vos objectifs dans un contexte particulier.
    Excellent weekend à vous !
    Bien cordialement,
    Caroline

    Répondre

    Jean
    21 février 2020 à 11:01

    Appliquons les règles de majorité/proximité et oublions l'écriture inclusive cette horreur impossible à lire. Pour ce qui est de l'argument peu convainquant d'une forme d'écriture plus économe, je répond que c oci + kour décrir kom ca.

    Répondre

    Caroline Panis
    Caroline Panis (Scribbr-team)
    21 février 2020 à 13:40

    Bonjour Jean,
    En ce qui me concerne je trouve les règles de proximité et de majorité très intéressantes. Bien sûr que nous devrions les remettre au goût du jour ! Mais il faut alors que tout le monde le fasse, sinon il y aura de nombreux contresens.
    Quant au reste, c'est tout à fait subjectif, et c'est aussi simplement une habitude à prendre !
    Non ce n'est pas absolument pas comparable : l'exemple que vous donnez nécessite un déchiffrage plus complexe, alors que l'écriture inclusive utilise l'orthographe à laquelle nous sommes habitué·e·s (pas si compliqué à lire, si ?…), ce qui nous permet de lire plus aisément en reconnaissant visuellement les mots. Il ne s'agit pas de modifier l'orthographe mais d'utiliser des potentialités typographiques.
    Non, il n'est pas beaucoup plus court, et en aucun cas plus simple, décrir kom ca ; et surtout : quel est le rapport ? Comment incluez-vous le féminin ainsi ? L'argument de l'économie repose sur le fait qu'il est effectivement plus court d'écrire « les étudiant·e·s » (ça va, vous n'avez pas top mal aux yeux ?) que « les étudiantes et les étudiants ». Comment dire le contraire ?…
    Bonne journée,
    Caroline

    Répondre

    Pierre ROLIN
    13 février 2020 à 15:15

    Utilisez les mots épicènes si nécessaire et fuyez l'écriture inclusive qui ne s'intègre à aucun consensus et marque une forme de pensée autoritariste et irrespectueuse, et si le féminin doit être explicitement mentionné, il mérite mieux qu'un point et une lettre pendouillante à la fin du masculin, assumez et respectez la condition féminine avec l'usage d'un mot entier.

    Répondre

    Caroline Panis
    Caroline Panis (Scribbr-team)
    14 février 2020 à 19:59

    Bonjour Pierre,
    Il n'y a jamais aucun consensus pour les questions langagières, puisque ce sont des lieux de lutte sociale et politique.
    Refuser une forme d'autoritarisme (où la voyez-vous ?…) est surprenant lorsqu'on formule soi-même des injonctions…
    Mais quoi qu'il en soit, fuyez ce que vous voulez !
    Cordialement,
    Caroline

    Répondre

    Christophe
    27 décembre 2019 à 10:46

    >> d’accorder en genre les noms de fonctions, grades, métiers et titres.
    Exemple : « une chercheure » ou « une chercheuse », « une ministre », « la présidente ».

    Dans la continuité, devrait-on dire un vigie ou un sentinelle lorsqu'un homme assure cette fonction ?

    Répondre

    Christophe
    27 décembre 2019 à 10:47

    voire un "sentinel"

    Répondre

    Caroline Panis
    Caroline Panis (Scribbr-team)
    21 janvier 2020 à 21:03

    Bonsoir Christophe,
    C'est une question tout à fait intéressante !
    Il ne s'agit en aucun cas de vous indiquer ce que vous devriez dire.
    Cela dit, l'évolution du lexique est souvent surprenante, et aucun terme n'est figé, tous possèdent une histoire (je vous invite à écouter cette rapide présentation de l'évolution du mot "autrice" sur https://mediateur.radiofrance.fr/chaines/radio-france/autrice-maria-candea/ pour vous rendre compte à quel point nos pratiques évoluent, et ce de manière rarement exempte de débats).
    Vous pouvez effectivement proposer l'emploi de ces termes : nous verrons avec le temps si l'usage général les approuve ;-)
    Bien cordialement,
    Caroline

    Répondre

    Alice
    4 octobre 2019 à 19:48

    La langue est un réceptacle de beaucoup plus que de mots... D'où l'irritation de certain.e.s. Mais elle ne fait qu'évoluer, et aujourd'hui nous sommes confronté.e.s à de nouveaux défis. P.S. Toulouse Jean Jaurès est Toulouse 2 et non 3, c'est important de le signaler au vu de l'engagement de la première heure de l'établissement porté par des personnes remarquables.

    Répondre

    Capucine Laurent
    Capucine Laurent (Scribbr-team)
    7 octobre 2019 à 15:18

    Bonjour,
    Merci pour votre remarque, nous corrigeons l'article en conséquent.
    Cordialement,
    Capucine

    Répondre

    véronique
    12 septembre 2019 à 19:55

    Une question de forme : qu'est-ce donc que ce point qui vient heurter notre lecture et fait déraper la compréhension globale de phrases, de titres, de paragraphes?
    C'est une convention de communication entre personnes : un point marque une fin de phrase. Pourquoi l'utiliser pour un cumul de genres sur un mot donné?
    Le texte devient beaucoup moins facilement lisible. C'est agaçant, et de fait est-ce que ça sert ou çà dessert le propos d'égalité? Car introduire une soit disant égalité vient à introduire un irritant. Qui se retournera contre qui? Les hommes?
    Mais ce n'est plus sur la forme là.
    Quant à changer autant essayer de trouver un bon moyens : utiliser personnes ou individus; inventer un neutre pour chaque métier; ...
    Véronique

    Répondre

    Caroline Panis
    Caroline Panis (Scribbr-team)
    21 janvier 2020 à 20:54

    Bonsoir Véronique,
    J'espère que la nouvelle version de cet article répond davantage à votre question. Il traite en effet de manière plus détaillée du point médian – que vous évoquez – et explique pourquoi un grand nombre de personnes considèrent cette pratique utile, si ce n'est salutaire.
    Vous avez raison : on peut tout imaginer en matière de langue et de langage. On voit avec le temps quels usages rencontrent du succès, qu'ils soient spontanés, critiqués, imposés, etc.
    Bien à vous,
    Caroline

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    zgrodek raymond
    4 mars 2019 à 16:49

    cette façon de faire sous prétexte d'égalité hommes-femmes a la tendance à inverser les rôles. Ne faudrait-il pas revoir aussi la version de la création du monde ?

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    Caroline Panis
    Caroline Panis (Scribbr-team)
    21 janvier 2020 à 20:49

    Bonsoir Raymond,
    Il ne s'agit en aucun cas d'inverser des rôles (de quels rôles s'agit-il par ailleurs ? de ceux qui ont été socialement façonnés avec le temps et évoluent sans cesse ?…) mais d'expliquer que le langage reflète des pratiques sociales – et donc en partie des inégalités – tout autant qu'il les influence.
    L'égalité femmes-hommes n'est en rien un prétexte, mais bien un objectif.
    Quant à la création du monde… Il s'agit d'un autre débat !
    Bien à vous,
    Caroline

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